Rouen: "Les djihadistes peuvent frapper à n'importe quel moment"

26 juillet 2016 Par

Plusieurs heures après le terrible attentat de l'église Saint-Etienne-du-Rouvray à Rouen, l'analyse de deux spécialistes.

Alors que l'enquête ne fait que débuter, l'attaque meurtrière de l'église Saint-Etienne-du-Rouvray rouvre le débat sur la protection des églises en France. Les spécialistes craignent également que cet attentat, perpétré dans une petite église de la banlieue de Rouen, ne délivre un message effrayant: les djihadistes peuvent frapper n'importe où et n'importe quand. 

Une autre question se pose également: la Normandie serait-elle devenue un terreau de djihadistes ? Là dessus, les spécialistes divergent.
 

Des régions davantages touchées

"Il n'y a plus un seul département dans notre pays qui n'est pas touché" alerte Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d'enquête sur les attentats et secrétaire national à la sécurité du parti socialiste. Certaines régions seraient même davantage concernées que d'autres.

Parmi elles, les Alpes-Maritimes, la région parisienne, le Nord et la Normandie, seraient des terreaux fertiles pour le recrutement de djihadistes par Daesh. "Un certain nombre d'individus y font de la propagande depuis la Syrie", notamment en passant par internet. "Il y a une volonté de Daesh de toucher l'ensemble de notre pays", malgré l'augmentation de la surveillance des lieux de culte en France et notamment des églises.

Selon Sébastien Pietrasanta, "Les attaques de Daesh sont protéiformes, et totalement imprévisibles. Ils peuvent frapper à n'importe quel moment"
 

Un effet de mimétisme ?

Pour Alain Rodier, directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement, si "toutes les églises de France sont des objectifs potentiels", c'est aussi le cas des synagogues ou des mosquées. Selon lui, ce sont les lieux de cultes en général qui sont visés. 

Il souligne cependant que la Normandie n'est pas un terreau de djihadistes privilégié. Pour lui, "il n'y a pas de terre qui est ciblée spécifiquement, c'est plutôt un effet de mimétisme". Il ne faut donc pas tirer de conclusions hâtives. 

Plus inquiétant en revanche: "tous les volontaires du djihad trouvent maintenant la période idoine pour mettre leurs projets à exécution". Selon lui, cela risque même d'être de plus en plus fréquent. 

Propos recueillis par Marie-Lucie Walch

 

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