Afpa : pourquoi les sites de Cholet et d'Angers sont-ils menacés ?

25 octobre 2018 Par

38 centres de l’Afpa sont menacés de fermeture en France, notamment ceux d’Angers et de Cholet. L’ouverture à la concurrence du marché de la formation professionnelle a fragilisé l'Afpa.

Ce n’est encore qu’un projet mais l’annonce faite par l’Agence pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), le 18 octobre 2018, a fait beaucoup de bruit. Dans le cadre d’un projet de transformation au niveau national, l’Afpa évoque l’idée de suppressions de postes et de fermetures de centres partout en France et en Anjou.  

Dans le département, les centres Afpa d’Angers et de Cholet pourraient être concernés par ces fermetures. En effet, depuis plusieurs années, l’Afpa est en proie à des difficultés financières. L’une des raisons est l’ouverture, depuis 2013, des marchés de la formation professionnelle à la concurrence. "Le modèle a changé depuis quelques années. Désormais nous avons l’obligation de passer par voie de marché public", explique André Martin, président de la commission Emploi, apprentissage, formation professionnelle et insertion à la région Pays de la Loire. C’est, en effet, la Région qui se charge d’attribuer les marchés.
 

Des formations trop chères

Et de poursuivre : "Là où il y avait des commandes directes adressées à l’Afpa, il y a maintenant des marchés. Donc l’Afpa n’est plus le seul opérateur. Elle a tout de même obtenu 9 marchés sur les 66 au total, répartis entre une centaine d’opérateurs dans la région. Ça représente 10 % de la commande régionale. Beaucoup d’organismes de formation aimeraient avoir une part du gâteau aussi importante !", ajoute André Martin.  

Denis Masseglia, député de la 5e circonscription de Maine-et-Loire, affirme sa détermination à défendre le centre de formation de Cholet. Toutefois, il explique que "l'un des arguments qui [lui a] été rapporté, c’est qu’aujourd’hui les formations proposées par l’Afpa sont 15 % plus chers que les formations réalisées par d’autres organismes. [Il a] donc demandé à l'Afpa qu’il y ait une réflexion visant à aligner leur coût de formation au niveau des autres organismes."
 

Ni le centre d’Angers ni celui de Cholet ne fermeront

Pour le moment, "il n’y a pas d’inquiétudes à avoir puisque cette annonce n’est qu’au stade de projet." C’est ce sur quoi insiste Olivier Labat, directeur régional de l’Afpa Bretagne et Pays-de-la-Loire. "Sur Cholet, nous conserverons l’activité dans le domaine du transport et de la logistique, ajoute-t-il. Nous tiendrons nos engagements envers nos clients. Nous poursuivrons également l’activité dans le tertiaire administratif puisque dans ce domaine-là nous avons un mandat du Conseil régional pour former les personnes sur plusieurs années. En revanche, là où nous n’avons pas de commandes du Conseil régional pour former des demandeurs d’emploi, nous devrons revisiter les offres que nous proposons aujourd’hui."

La phase de consultation et les discussions avec les syndicats devraient bientôt débuter. Et si le plan devait être mis en oeuvre, cela ne se ferait pas avant la mi-avril, début mai 2019. Jusque-là, aucune suppression de poste ni fermeture de centre n’est envisagée.