Coronavirus: et les sans-abris dans tout ça?

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Le Grand Invité

mardi 31 mars à 8h10

Durée émission : 15 min

Le Grand Invité

© Action du Collectif des morts de la rue (2012) STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le collectif Les Morts de La Rue a choisi la date du 31 mars pour rendre hommage aux 569 personnes décédées ces douze derniers mois dans l'indifférence totale.

Une dimension symbolique forte

A cause du coronavirus, et des mesures de confinement, il n'y aura pas aujourd'hui de cérémonie publique avec la lecture des noms de ces 569 personnes, un chiffre sous-estimé, mortes loin des regards. Penser à tous ceux qui sont morts à la rue ces dernières années, c'est bien évidemment penser également à tous ceux qui vont y mourir dans les prochaines semaines, touchés par le Covid-19.

Malgré le confinement, le report de cet hommage n'était pas envisageable. "Très rapidement, la dimension symbolique a pris le dessus" explique Géraldine Franck, présidente du Collectif des Morts de La Rue. D'autant plus qu'il s'agit d'un domaine pour lequel on manque cruellement de statistiques, et que les personnes de la rue meurent de manière prématurée.
 

Une meilleure coordination des parcours de sortie

"Dans la rue, on n'a pas de maladies spécifiques. On va connaître les maladies du grand public. On va mourir de fatigue, de vieillesse, de cancer. Mais on sait que les personnes vont mourir beaucoup plus de causes externes : les accidents, les agressions et les suicides. Ce qu'on a pu constater, c'est que ces causes externes sont beaucoup plus élevées pour les personnes à la rue que celles en situation d'hébergement" ajoute-t-elle.

Le problème étant complexe, les réponses à apporter aux morts de la rue le sont également. Pour autant, on sait comment faire chuter le nombre de décès chez les personnes sans-abri. "Il faut fermer le robinet qui mène à ce que des gens se retrouvent à la rue. Il faut plus de logements à loyer modéré, plus d'hébergement, une meilleure prise en charge par l'aide sociale à l'enfance. Une fois que les personnes sont à la rue, c'est une meilleure coordination des parcours de sortie. Il y a des dispositifs intéressants, mais qui manquent de fluidité" lance Géraldine Franck.
 

Le coronavirus complique la vie des personnes sans-abri

Par ailleurs, les outils et les services proposés aux personnes de la rue se sont réduits comme peau de chagrin avec le coronavirus. De nombreux bains-douches ont fermé, de nombreux toilettes ont également fermés. Plusieurs distributions de nourriture se sont arrêtées. "Il a fallu que tout cela se réorganise et réouvre pour que les personnes de la rue puissent s'organiser" explique la présidente du Collectif Les Morts de La Rue.

En période de confinement, la question de la nourriture et de l'argent pose problème pour les sans-abris. Moins de distributions de repas. Interdiction de faire la manche. "Il a fallu se rapprocher des enseignes de distribution alimentaire pour bénéficier de la charité publique. Et comme il n'y a plus personne dans les rues, il devient difficile de faire la manche" conclut Géraldine Franck.

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Chaque matin, Stéphanie Gallet reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.