Dialogue social: "un autre syndicalisme est en train de naître"

2 décembre 2015 Par

Alors que le nouveau président du Conseil économique, social et environnemental vient d’être nommé, Hubert Landier explique qu’en matière de dialogue social, tout n’est pas perdu en France.

On connaît désormais le nom du nouveau président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). C’est donc Patrick Bernasconi qui succède à Jean-Paul Delevoye à la tête de la troisième chambre de la République. Et le symbole est fort, puisqu’à l’heure où certaines entreprises sont sur le devant de la scène,de manière négative, en matière de dialogue social, le nouveau président du CESE est un patron de PME.

Une PME familiale, du Nord de la France, qui a réussi. Une entreprise spécialisée dans le BTP, qui compte aujourd’hui plus de 100 salariés. Patrick Bernasconi n’est pas un inconnu des radars, puisqu’il faisait partie des candidats à briguer le poste de patron du Medef, en 2013, avant de se désister en faveur de Pierre Gattaz.

Une nomination clé pour le gouvernement, en délicatesse avec les principaux partenaires sociaux du pays. Patrick Bernasconi est en effet soutenu par la CFDT, la CFTC, la CFE CGE et l’Unsa, et apparaît comme un chef d’entreprise ouvert au dialogue social. Son rôle sera de conseiller le gouvernement dans ses choix, en tant que représentant de la société civile.

Et notamment en matière de dialogue social. Mais pour Hubert Landier, consultant et docteur en sciences économiques, interrogé par RCF, il faut penser aujourd’hui le dialogue social d’une manière différente, et arrêter de se focaliser sur les exemples qui ne fonctionnent pas, comme le récent cas d’Air France.

"On parle des trains qui déraillent, on ne parle pas de ceux qui arrivent à l’heure" explique ce spécialiste de l’entreprise. "Ce que j’observe dans les entreprises, c’est qu’un autre syndicalisme est en train de naître, constitué par des personnes qui ne se reconnaissent pas du tout dans les vieilles idéologies" déclare Hubert Landier. En parallèle de cela, "quand une direction a compris que l’on peut dialogue avec les représentants du personnel, et que c’est quelque chose qui est un facteur de performance pour l’entreprise, cela permet de s’éloigner tout à fait de ce qu’il se passe avec Air France" conclut-il.