En Italie, Beppe Grillo est grillé

Présentée par Emmanuel Morucci

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Chronique Européenne

jeudi 15 juin à 8h10

Durée émission : 5 min

Chronique Européenne

Chez nos voisins italiens aussi on votait, mais pour les élections municipales. Et celles-ci ont vu le parti populiste Cinq Étoiles subir une cuisante défaite.

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Je vais parler d’élections cette semaine, mais il ne sera pas question des élections législatives en France. Nous allons passer la frontière et nous rendre en Italie. Dans ce pays, il y a tout juste un an,  le mouvement Cinq Étoiles de Beppe Grillo connaissait un succès sans précédent en Italie et raflait aux élections municipales les villes de Rome et de Turin. Dans la capitale italienne, les Romains portaient à la tête de leur ville Virginia Raggi, née le 18 juillet 1978, avocate, la première femme et la personne la plus jeune à occuper ce poste ; tandis que les Turinois offraient le siège municipal à une autre jeune femme de 32 ans, Chiara Appendino. La candidate surprenait l’Italie, et mettait le Parti démocrate de Matteo Renzi en déroute.

Dimanche dernier, le vent a tourné pour le mouvement de Beppe Grillo et ses partisans. Ils ont été éliminés dans les 1004 villes où avaient lieues des élections municipales partielles. Les militants de Beppe Grillo ne siégeront  donc pas dans les conseils municipaux de grandes villes comme Gênes ou Palerme, ni dans les cinq autres villes chefs-lieux de région. Que s'est-il donc passé ? Une première réponse vient de l’ancien premier ministre Matteo Renzi. Pour lui, « le mouvement Cinq Étoiles a perdu car il ne sait pas gouverner ». En effet, des difficultés en cascades rencontrées par les deux maires de Rome et de Turin ont déçu et inquiété l’électorat italien. Il faut dire également que le mouvement contestataire a souvent du mal à s’imposer au niveau local, en raison des faiblesses de son organisation et de l'absence de candidat de premier plan.

Il est vrai aussi que le fondateur du mouvement Cinq Étoiles est déstabilisant. C’est un personnage populiste un peu compliqué. Son mouvement citoyen, adepte de la démocratie directe par opposition aux démocraties représentatives, est admiratif de Poutine et en même temps proche de l’idéologie des Verts. On s’en souvient et cela laisse des traces. Il n’hésite pas lors des élections européennes à se rallier au Britannique Nigel Farel, responsable du brexit. De fait, il unit ses forces à celles des partis europhobes et cela ne plaît pas forcément. Il est difficile de le positionner en comparaison à la situation que l’on connaît en France. Il est parfois proche du parti de Jean-Luc Mélanchon et de celui de Marine Le Pen.

D’un point de vue organisationnel et politique, l'égalitarisme du début a peu à peu cédé le pas. Beppe Grillo est de plus en plus souvent accusé d'autoritarisme. Au point d'avoir provoqué de nombreuses démissions, dont celle du maire de Parme. Dans ce mouvement, on dénonce souvent le culte de la personnalité, celui du chef. Ce positionnement de parti antisystème place le mouvement dans un ensemble d’incompréhension pour les Italiens, qui restent profondément attachés à l’Union européenne. Le parti connaît finalement les mêmes revers que ceux rencontrés par l'UKIP au Royaume-uni, les populistes aux Pays-bas et le Front national en France.

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Billet hebdomadaire de Emmanuel Morucci, membre du team Europe France, consacré à l'actualité européenne, en partenariat avec la Maison de l'Europe CIED Bretagne Ouest.

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Emmanuel Morucci