Faire "corps" au temps du coronavirus ?

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mercredi 6 mai à 12h02

Durée émission : 3 min

Faire "corps" au temps du coronavirus ?

© Timon Studler via Unsplash

Le corps, siège de notre vulnérabilité, est devenu "corps soupçonné". Le sociologue Philippe Liotard évoque la place que prend ce corps dans la société perturbée par le contexte sanitaire.

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Quelle confiance peut-on accorder à notre corps aujourd'hui, ainsi qu'à celui des autres ? "Nous sommes dans une situation où l'on ne peut que soupçonner notre corps", nous dit le sociologue Philippe Liotard. Repaire de vulnérabilité, il est devenu menaçant.

"Les regards se fuient", dans la rue. "Cet évitement indique quelque chose". La peur de la contamination, et de la gêne, sans doute.

L'humain en demande de contacts

Peut-on s'attendre à une haptophobie (peur de toucher ou d'être touché) généralisée ? Peu de chance. Le contact est profondément humain, ancré dans nos pratiques sociales.

Si l'on ne peut s'approcher d'une connaissance pour lui faire la bise ou lui serrer la main, Philippe Liotard note une "retenue" qui découle d'un premier élan, d'une première envie de toucher. Ces manifestations sociales, interdites, n'empêchent pas le désir de les accomplir, toujours présent.

Savoir pour s'adapter

Le fait d'être contaminé, et de le faire connaître, peut entraîner une crainte de stigmatisation. Cependant, rappelle Philippe Liotard, comme pour le VIH, l'important est de savoir pour générer des comportements adaptés à la situation. On ne met pas quelqu'un de contaminé à l'écart : on s'adapte pour respecter les mesures de protection sans diminuer l'intérêt, ou les gestes de tendresse.

 

Invités

  • Philippe Liotard, Sociologue

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