La France s'engage en Europe

Présentée par Emmanuel Morucci

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Chronique Européenne

jeudi 18 mai à 8h10

Durée émission : 5 min

Chronique Européenne

Un nouveau président pro-européen en France est une bonne nouvelle pour l'ensemble de l'UE. Le point sur les mesures souhaitées par Emmanuel Macron.

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Quelque chose semble avoir bougé en France depuis quelques jours. L’élection du président Emmanuel Macron est à l’origine de cette impulsion sans précédent ces dix dernières années. Sur les réseaux sociaux, les gens disent généralement qu’ils se sentent mieux. Cela ne veut pas dire qu’ils donnent un blanc-seing au nouveau gouvernement. Ni même à la future Assemblée nationale. Les effets des crises demeurent, mais une sorte d’espérance de les régler peut transformer le regard collectif sur la pratique politique.

Du point de vue européen, l’espérance est forte. L’Europe, sujet tabou ces 20 dernières années, est revenue sur le devant de la scène. Cela s’est fait d’une manière somme toute rapide. L’Europe est redevenue une perspective intéressante et a quitté ses habits d’entité mal aimée. On peut le dire aujourd’hui, les membres du Parti socialiste, tout comme ceux du parti Les républicains, avaient l’Europe un peu honteuse. Ils se déclaraient européens, mais ne s’engageaient jamais dans un processus susceptible ni d’éclairer ni de satisfaire les citoyens. L’Europe a ainsi pris un grand retard. On gardera en mémoire l’épisode des nonistes au traité constitutionnel. C’était il y a 12 ans.

Chacun a remarqué l’implication du président dans la cause européenne le soir de son élection, avançant sur l’hymne européen au Louvre. Un vrai et fort symbole qui marquera son quinquennat. Il a précisé son orientation à Berlin aux côtes de la Chancelière Merkel. L’Europe est son projet. Il a parlé d’approfondissement. Il insiste sur le nécessaire resserrement du couple franco-allemand dont il rappelle le rôle moteur pour la construction européenne. Mais aussi, finalement, il parle beaucoup de relations bilatérales qui ne sont pas des relations européennes au sens propre de l’Union. Il est vrai que la France doit aussi procéder à ses reformes structurelles. Il avance à pas mesuré sur une intégration plus forte. Bien sûr, il aimerait une gouvernance et un budget pour la zone euro. Mais une transformation de la gouvernance de l’Union ne semble pas possible à ce stade, sauf à écrire un nouveau traité.

Les questions abordées à Berlin restent très techniques mais aussi symboliques. C’est le cas de la directive des travailleurs détachés dont il va bien falloir dire qu’elle sert aussi de nombreux français. Toutefois, il va falloir travailler et pas seulement entre Français et Allemands. L’avenir de l’UE concerne 27 États membres et 500 millions de citoyens. Par exemple, le ministre allemand des Finances Wolfgand Schräuble semble d’accord pour renforcer l’Union monétaire, mais juge qu’une reforme des traités n’est pas réaliste. Et pourtant, selon moi, il faudra bien l’envisager rapidement.

On saura rapidement ce que le ministre en charge des affaires européenne aura à dire sur le sujet. Elle devra également parler des outils à mettre en œuvre pour réconcilier les citoyens avec l’Union européenne. Et cela se fera de concert avec ses 27 homologues.

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Billet hebdomadaire de Emmanuel Morucci, membre du team Europe France, consacré à l'actualité européenne, en partenariat avec la Maison de l'Europe CIED Bretagne Ouest.

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Emmanuel Morucci