"La solitude est un espace neutre où tout peut arriver", selon Sylvie Germain

Présentée par UA-169979

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Le Grand Invité

mercredi 7 avril à 8h10

Durée émission : 12 min

"La solitude est un espace neutre où tout peut arriver", selon Sylvie Germain

© Sylvie Germain / © Tadeusz Kluba

Le premier confinement a poussé l'auteure à écrire sur ce phénomène de solitude provoqué par la crise sanitaire.

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Pourquoi s’inquiéter de la solitude ? Après tout, le sentiment est universel. Tout le monde en fait l’expérience, à un moment ou un autre, bien que nos seuils de tolérance à la déconnexion sociale varient. Une solitude qui est réapparue au grand jour avec le confinement, touchant notamment les étudiants confinés dans leurs studios ou dans leurs chambres ou les plus âgés reclus dans les EHPAD. Ce monde qui s’écroule, en nous laissant spectateur de nos vies, c'est la trame de fond du dernier roman de Sylvie Germain. Prix Goncourt des lycéens de 2005 pour "Magnus", elle publie "Brèves de solitude" (éd. Albin Michel), un roman écrit en deux mois au printemps 2020.

Spectateurs du vide

Cet ouvrage rassemble des mots sur les périodes de confinement que l'on a traversé. "C’était la stupéfaction et j’ai pensé à ce resserrement du temps et de l’espace et c’était une manière de décliner certains aspects de la solitude. Parmi les personnages, il y en a plusieurs qui sont habitués à vivre seul. Là les rues sont désertes et c’est plus du tout pareil. Ce qui m’a intéressé c’est la confrontation en soi-même. Les gens se sont retrouvés comme des spectateurs mais il ne se passe plus rien", raconte-t-elle. 

Les écrivains sont habitués à être seuls dans leur travail. Mais ces confinements ont changé la façon de voir les choses de Sylvie Germain. "Cela ne changeait rien à ma manière de vivre. Ce qui changeait c’est que je n’étais pas interrompue par des déplacements. C’était plutôt au niveau de l’imagination qui était mise à l’arrêt par des projets stupéfiants. Je me suis rendue compte de l'importance de ce qu’est la solitude. Tout dépend comment on traverse l’épreuve", affirme-t-elle.

Une nouvelle vision du temps

Les périodes d'enfermement ont pu modifier notre rapport au temps. "Souvent on se dit 'si j’étais libre, si j’avais du temps' et finalement quand on a les conditions requises, on en fait pas grand chose, on est un peu décontenancé", sourit l'auteure. "Chaque personnage pourrait donner lieu à être un récit à soi seul", explique celle qui s’interroge sur ce que cette épreuve lui a apporté. Pour la plupart de ses personnages, passé le choc et l’épreuve, ils sortent de tout ça dépouillés. 

Par ailleurs, Sylvie Germain précise que l'on peut "se sentir extrêmement seul même dans une foule parce que le lien ne se fait pas". "Le mot solitude peut vraiment se décliner de manière très diverses. la solitude peut devenir chemin d’éblouissement comme il peut devenir épreuve totale. La solitude c’est un espace neutre où tout peut arriver", conclut-elle.

 

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