Le vote Macron est-il catho-compatible ?

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Carte Blanche de Raphaël de la Croix

jeudi 20 juin à 18h27

Durée émission : 3 min

Carte Blanche de Raphaël de la Croix

Le vote des catholiques lors des dernières élections européennes a pu peser de façon significative dans les résultats en faveur de la liste de la République en marche. C’est une enquête réalisée par le journal La Croix il y a trois semaines. Les chiffres sont sans appel : Tout d’abord les cathos votent en masse. 78% de participation, c’est 30 points de plus que le reste des Français. Et ils se sont aussi nettement portés sur la liste de la république en marche. 43% des catholiques pratiquants ont voté Loiseau soit le double de la moyenne des Français. Autrement dit le dimanche à la messe, vous coupez l’Eglise en deux et une moitié a voté Macron, à peu de choses près.
Quel enseignement peut-on en tirer. Tout d’abord que la question européenne a été déterminante suivie des questions économiques. Les questions de société ont apparemment été reléguées au second plan. Le catholique bourgeois croit à la construction européenne et dans la capacité d’Emmanuel Macron à faire progresser l’économie. Les questions d’identité, d’environnement, d’immigration et de société que l’on pouvait retrouver de façon plus prégnante chez un Bellamy ou un Bardella, qui ont respectivement obtenus 20 % et 13% chez les cathos, ont apparemment moins pesé.
Cela veut-il dire qu’Emmanuel Macron est le plus catho compatible ?
Sur les chiffres et sociologiquement oui. Dans le fond, les choses sont plus complexes. Benoît XVI avait affirmé qu’il y avait 3 points non négociables en politique : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle?; la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille ; la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants. Or Emmanuel Macron et ses amis se sont toujours affirmé sans équivoque en faveur de l’avortement, du mariage homosexuel, de la PMA pour toutes et ne s’est pas prononcé sur l’affaire Vincent Lambert. On est loin d’être en phase avec les principes de Benoît XVI. Mais il faut dire que les catholiques ont pu être, de la même manière, réservés sur ces points avec la liste Bellamy. Si lui-même a porté clairement ses valeurs, qu’en est-il de ses colistiers sur ces questions… Là aussi la diversité de la liste a pu lui nuire. Rappelons toutefois que l’Eglise ne donne jamais de consigne de vote et renvoie à la conscience de chacun. Et on peut faire vivre ces convictions dans bien des endroits différents. C’est ce que fait Agnès Thill, député LREM de l’Oise farouchement opposée à la PMA et qui s’est illustré en s’insurgeant de l’écartement du diocèse de Paris dans l’établissement public qui sera en charge des travaux de Notre Dame de Paris. Le problème c’est qu’elle risque l’exclusion de son parti pour ses prises de positions. Elle est néanmoins la parfaite illustration qu’un catholique ne doit pas se compromettre sur ses valeurs, quel que soit son parti et quel qu’en soit le prix. Il faut espérer que les cathos se réveillent en septembre prochain quand le dossier de la PMA sans père arrivera sur le bureau de l’assemblée nationale.

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