"Unplanned', un film qui fait bouger les lignes intérieures

Présentée par PR-23687

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L'édito de Blanche Streb

vendredi 2 octobre à 7h55

Durée émission : 3 min

"Unplanned', un film qui fait bouger les lignes intérieures

© DR

Le film "Unplanned", non planifié en français, est sorti cette semaine au cinéma. Il raconte l'itinéraire d'une bénévole d'un planning familial qui devient une militant pro-vie.

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C’est l’histoire vraie d’Abby Johnson, une étudiante dynamique et joyeuse qui est invitée à s’engager comme conseillère-bénévole dans un centre de planning familial où sont pratiqués des avortements, elle-même d’ailleurs en traverse deux. Son engagement est motivé par un désir sincère d’aider les femmes. Abby est entière et très attachante.
Efficace, organisée, elle gravit les échelons et devient en quelques années la directrice du centre. On la voit se faire emporter par la logique de l’avortement et de la structure qu’elle gère. Elle met toute son énergie à orienter les femmes vers l’avortement. 

Un jour, elle est sollicitée pour donner un coup de main au bloc. Elle assiste alors à l’aspiration d’un fœtus de 13 semaines, sous échographie. Cet événement est un électrochoc pour elle. L’avortement n’est plus juste une idée mais devient, sous ses yeux, une réalité. L’idée qu’elle avait de l’avortement était un château de cartes, un mélange de droits, d’éléments de langage et de bonnes intentions. Il s’effondre devant la réalité de cette vie qui était et qui subitement, définitivement, n’est plus. La vie d’Abby bascule pour toujours. Elle démissionne.

Ce film a eu un immense retentissement aux Etats-Unis, et je comprends pourquoi. Ce n’est pas un film manichéen, bêtement pour ou contre l’avortement. C’est un film sur la réalité de l’avortement qui invite à réfléchir aux conditions et aux conditionnements qui conduisent trop souvent au drame de l’avortement. C’est un film intense, équilibré, inspirant et sans jugement : c’est en cela, un film très puissant. Il fera bouger les lignes intérieures de tous ceux qui ont le courage de se questionner en vérité, quel que soit leur vécu. 

Finalement, on comprend que sur un sujet si crucial, s’il y a un droit, c’est bien celui du droit à la vérité.  Simone Weil, celle avec un W, la grande philosophe, dans son magistral livre « L’enracinement - Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain », commence ainsi son chapitre consacré à la vérité : « le besoin de vérité est plus sacré qu’aucun autre ».  Certes, la vérité peut revêtir une certaine violence, c’est vrai ici. Mais la vérité est comme l’Esperance, si elle regarde ce qui fait mal dans les yeux, c’est pour mieux s’en prémunir, l’éviter, le soigner ou le surmonter. La vérité blesse, on devrait aussi dire qu’elle prévient et répare.

Ce film m’a fait penser à cette phrase du Pr Nisand, « La meilleure IVG est celle qu’on peut éviter ». Mettre tout en œuvre pour s’épargner la blessure de l’avortement, voilà qui mériterait de tous nous rassembler.
 

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Le présentateur

Blanche Streb

Docteur en pharmacie, Blanche Streb est directrice de la formation et de la recherche pour Alliance VITA. Elle est l'auteure de "Éclats de vie" (éd. L'Emmanuel, 2019) et "Bébés sur mesure - Le monde des meilleurs" (éd. Artège, 2018).