Médecines alternatives : halte aux gourous, alerte Georges Fenech

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Le Grand Invité

mardi 15 septembre à 8h10

Durée émission : 12 min

Médecines alternatives : halte aux gourous, alerte Georges Fenech

© Clara Gabillet

L'ancien président de la Miviludes tire la sonnette d'alarme face aux dérives sectaires de certains thérapeutes, alors que les médecines alternatives sont devenues un fait de société.

La crise sanitaire du Covid-19 a remis en lumière l’importance des soignants mais aussi, parallèlement, le phénomène des médecines alternatives. Certains personnes utilisent des méthodes non-officielles et souvent décriées. Ce sont ces "gourous" que dénonce Georges Fenech, homme politique et ancien magistrat dans son livre Gare aux gourous - Santé, bien-être. Des pratiques étudiées lorsqu’il était président de la Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. 

UN PHÉNOMÈNE GRANDISSANT

Ce phénomène n’a rien de nouveau mais a gagné en importance depuis les années 1960. Alors que 60% des Français ont recours à ces méthodes alternatives, Georges Fenech estime que ce n’est plus "un engouement, c’est un fait de société"

Si beaucoup de Français ont recours à ces pratiques, c’est aussi parce que l’offre ne faiblit pas. "Il y a un grand nombre d'individus qui s’autoproclament thérapeutes que je surnomme ‘dérapeutes’. Ils prétendent se substituer à la médecine traditionnelle", explique Georges Fenech.

Certaines techniques sont particulièrement préoccupantes pour la Miviludes, notamment la médecine germanique qui attribue par exemple le cancer à un "conflit intérieur" à régler. Ainsi, "il y a une incitation à rompre le protocole de chimiothérapie", dénonce Georges Fenech. 

DES "GOUROUS" DANS LES HAUTES SPHÈRES

Contrairement aux idées reçues, "ces pratiques sont beaucoup plus larges que le phénomène sectaire", assure Georges Fenech. Certains sont même des médecins diplômés, convaincus de leurs méthodes. "Ils ont une vision globale et tout cela finit par remonter très haut", dans les différentes sphères de la société, assure le magistrat.

Cette prégnance s’explique également, selon l’ancien président de la Miviludes, par la difficulté pour l’Etat d’aller à l’encontre de "la liberté fondamentale de se soigner ou de ne pas se soigner". Georges Fenech juge l’action de l'Etat "trop timorée compte tenu de l’ampleur du phénomène"

Par ailleurs, ces "dérapeutes sont dans une posture de victimisation par rapport à la médecine officielle". Les autorités se retrouvent ainsi confrontées à la difficulté d’alerter sur les risques de ces dérives. 

COMMENT PRÉVENIR CES DÉRIVES ?

Comment éviter de tomber dans ces dérives ? "Quand on vous propose une offre alternative, il faut s’informer auprès des associations, de la Miviludes et du ministère de la Santé. Il y a aussi l’attitude du dérapeute qui doit alerter", notamment lorsqu’il demande des sommes très conséquentes", explique Georges Fenech.

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Chaque matin, Antoine Bellier reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.  

Le présentateur

Antoine Bellier

Journaliste à RCF depuis 2009, Antoine est passé par Le Mans et La Roche-sur-Yon, avant de rejoindre la rédaction nationale en septembre 2013. Curieux de l’actualité sous toutes ses formes, amateur de cinéma et de littérature, il lui arrive de passer du micro à la plume.