Quelle place en France pour les gens du voyage ?

Présentée par UA-175994

S'abonner à l'émission

Je pense donc j'agis

mardi 18 mai à 9h03

Durée émission : 55 min

Je pense donc j'agis

© AFP/ Francois Nascimbeni

La sortie d'un inventaire critique des aires d’accueil des gens du voyage est l'occasion de nous interroger sur leur place dans notre société.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Les aires d'accueil

Sept aires d’accueil sur dix sont éloignées de toutes zones d’habitation” indique William Acker, juriste issu des gens du voyage et auteur du livre “Où sont les gens du voyage ? inventaire critique des aires d’accueil”. Ces lieux sont majoritairement situés à proximité de sites nocifs pour la santé et parfois dangereux comme des déchetteries, des voies ferrées ou encore des stations d’épuration.

Selon William Acker, les mairies ont deux critères pour désigner les aires d’accueil : l’éloignement, car la décision d’accueillir des voyageurs est très impopulaire, mais aussi le coût de raccordement pour l’eau et l'électricité. “Ces lieux sont des secteurs goudronnés extrêmement sommaires” ajoute Marc Béziat, délégué général de l'ANGVC, Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens.  

 

Une cohabitation difficile 

Lorsque j’étais enfant, les voyageurs apportaient de la joie dans la ville, j’ai énormément de respect pour cette communauté” témoigne Yvette, auditrice fidèle de RCF. Au fil du temps, cette cohabitation entre gens du voyage et habitants s’est dégradée. William Acker souligne que dans la plupart des cas, leur installation s’accompagne d’articles de presse houleux et de pétitions de riverains.

Des problèmes de voisinage et de saleté sont les motifs principaux évoqués par les habitants insatisfaits. Les aires d’accueil ne sont pas adaptées aux pratiques de l’itinérance” explique Marc Béziat qui insiste sur l’absence de tarification unifiée dans ces lieux. L’ANGVC agit en accompagnant juridiquement les voyageurs pour qu’ils puissent faire valoir leurs droits auprès des collectivités locales. 

 

Vers une sédentarisation ?

“Il faut voir cette notion de sédentarisation dans la polysémie” précise William Acker. Pour lui, plusieurs situations existent mais la majorité des voyageurs sédentarisés font ce choix dans la contrainte à cause de leur situation précaire. Marc Béziat évoque que de nombreuses familles voyagent encore au quotidien en suivant un fil rouge : le travail.

Leurs itinéraires dépendent des opportunités comme les emplois saisonniers, sur les chantiers ou encore dans les marchés. Le délégué général de l’ANGVC affirme qu’il ne faut pas confondre sédentarisation et abandon de la résidence mobile. 

Invités

  • William Acker, auteur de "Où sont les gens du voyage ? inventaire critique des aires d'accueil ... Edition du commun"

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 9h03

Cette émission interactive de deux heures est une double invitation à la réflexion ET à l’action. Une heure pour réfléchir, creuser une question et prendre du recul sur l’actualité avec des invités interviewés par les rédacteurs en chef RCF. Une heure pour agir, avec les témoignages d’acteurs de terrain et les auditeurs, pour se mettre en mouvement et s’engager ensemble dans la construction du monde de demain. Intervenez en direct à l'antenne au 04.72.38.20.23 ou écrivez-nous à : direct@rcf.fr

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.