Somalie: plus de 300 morts dans un double attentat à Mogadiscio

17 octobre 2017 Par

C’est l’un des attentats les plus meurtriers qu’ait connu la Somalie. Deux véhicules piégés ont explosé dans la capitale, Mogadiscio.

Un double attentat à la voiture piégée

Le bilan ne cesse de s’alourdir. Un double attentat a frappé la capitale de la Somalie, samedi 14 octobre dernier. Deux véhicules piégés ont explosé dans le quartier le plus fréquenté de Mogadiscio, faisait 300 morts et 300 blessés, selon un bilan malheureusement toujours provisoire. Alors que les secours évacuent encore des blessés, et des cadavres, des décombres, un deuil national de trois jours a d’ores et déjà été décrété par les autorités locales.

Le premier véhicule à avoir explosé est un camion, qui était situé devant le carrefour K5, un secteur très fréquenté de la capitale somalienne. Le camion était garé devant l’hôtel Safari. L’explosion a entrainé une réaction en cascade, mettant le feu à plusieurs autres véhicules et endommageant de nombreux édifices aux alentours. Deux heures après la première déflagration, un second véhicule explosait dans un autre quartier, celui de Medina.

Les Shebabs veulent renverser le gouvernement somalien

L’attentat n’a pour l’instant pas été revendiqué. Mais selon certains experts et les autorités locales, cette double attaque pourrait porter la marque des Shebabs, un groupe terroriste coutumier du fait. Ces djihadistes cherchent à renverser le gouvernement actuel, et prônent un islamisme radical. Contrôlant plusieurs zones rurales, ils refont parler d’eux de temps en temps, via des attentats sanglants. En juin dernier, 31 personnes avaient été massacrées à Mogadiscio, devant des restaurants de la capitale.

L'élection en février dernier du nouveau président surnommé Farmajo, avait porté les espoirs d'une grande partie de la population. Un état de grace de très courte durée, comme l'explique Roland Marchal, enseignant-chercheur au CNRS et spécialiste de la Somalie. Selon une étude récente menée par le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, le groupe somalien serait devenu en 2016 le plus meurtrier du continent africain, causant la mort de plus de 4 200 victimes contre 3 500 pour Boko Haram, relégué au second rang.

L’analyse de Roland Marchal, enseignant-chercheur au CNRS et spécialiste de la Somalie: