​[Synode] Martin Scorcese au pape François: "Comment pouvons-nous guider les jeunes vers plus d’espérance ?"

24 octobre 2018 Par

Martin Scorcese a interpellé le pape François sur la jeunesse à l’occasion d’un dialogue intergénérationnel, en marge du synode des jeunes qui se tient actuellement.

Présent à Rome pour faire la promotion d’un ouvrage de réflexion de personnes âgées ("Sharing the wisdom of time") auquel il a collaboré, ainsi que le Saint Père, Martin Scorcese a pu interpeller le pape François, mardi 23 octobre dernier, au cours d’un dialogue intergénérationnel. Le réalisateur de Taxi Driver a pu interroger le souverain pontife sur les difficultés de la jeunesse confrontée au monde actuel.

Une question qui trouvait un écho tout particulier alors que se tient encore, au Vatican, le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Âgé de 75 ans, Martin Scorcese a tout d’abord rappelé ses origines modestes, la place de l’Eglise dans sa vie. Il a ensuite exprimé son inquiétude quant à la jeunesse actuelle. Des images captées par nos confrères de KTO.
 

La vérité de la rue et la vérité de l'Eglise

"Saint Père, j’ai fait des films depuis longtemps. J’ai grandi dans la classe ouvrière proche de New-York, non loin de la vieille cathédrale Saint Patrick. La première de New-York. J’y ai passé beaucoup de temps. Mais à l’extérieur de la cathédrale, les choses étaient très différentes. Il y avait la pauvreté, la violence. Quand j’étais petit, j’ai été témoin de cette souffrance, pas uniquement à la télévision, mais en face de moi, dans la rue" a ainsi rappelé Martin Scorcese.

"Je me suis rendu compte qu’il y avait une vérité de la rue, et une vérité de l’Eglise. Et cette vérité, j’avais l’impression que ce n’était pas la même. C’était très difficile de mettre ces deux vérités ensemble, de réconcilier ces deux mondes. « Dieu est amour », c’était quelque chose de très loin par rapport à ce que je voyais dans les rues" a ensuite ajouté le réalisateur des Infiltrés.
 

"Comment la foi d'un jeune peut survivre dans ce monde ?"

"J’ai eu la chance d’avoir des parents aimants et un prêtre extraordinaire dans la paroisse, qui m’a beaucoup aidé durant ces années. Mais encore aujourd’hui, en regardant autour de nous, à la télévision, on a l’impression que le monde est mauvais. On voit aussi la souffrance du monde et celle provoquée par l’Église elle-même. Comment pouvons-nous guider les jeunes vers plus d’espérance ? Comment la foi d’un jeune peut survivre dans ce monde ? Comment l’Eglise peut nous aider ?" s’est enfin interrogé Martin Scorcese.

 "La cruauté est partout, froide, calculée pour ruiner l’autre", lui a répondu le pape François, déplorant qu’elle fasse "partie de notre culture". La torture "semble normale, personne n’en parle » alors que « la torture est la destruction de la dignité humaine", a poursuivi le souverain pontife, cité par l’AFP.

Le Saint Père a enfin esquissé une solution : "la non-violence, l’amitié, la tendresse... sont des choses qui peuvent transfigurer les conflits les plus durs".