[Synode] Un document final qui doit "envoyer des signaux à la jeunesse"

25 octobre 2018 Par

© Pauline de Torsiac

Le synode sur les jeunes la foi et le discernement vocationnel touche à sa fin et l'heure est à la rédaction du document final qui sera remis samedi prochain au pape François.

Mercredi 24 octobre, les pères synodaux sont réunis en Assemblée plénière pour discuter de la première version du document final qui leur a été présentée mardi 23 octobre dernier et pour déposer d’éventuels amendements au texte. Le document final qui sera voté samedi par les participants ne sera pas un catalogue de propositions concrètes pour les jeunes mais plutôt une liste d’orientations. Libre aux conférences épiscopales et aux différents diocèses de les mettre en œuvre par la suite.

Pour l’évêque de Dolisie, au Congo–Brazzaville, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, ce synode "est une mise en orbite". Le rôle des évêques sera d’en être "les satellites pour en renvoyer les signaux à la jeunesse". L’évêque africain a tenté pendant le synode de faire entendre sa voix sur la question de l’exploitation des ressources naturelles, cause de migrations forcées dans son pays et ceux limitrophes. Il espère que cette réalité figurera dans le document final du synode voté samedi avant qu’il ne soit remis au Pape François.

Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, évêque de Dolisie, au Congo–Brazzaville:

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"L’une des raisons essentielles, c’est le bouleversement de l’écosystème. Les Africains ne savent pas faire de pétrole. Nous voulons bien que les terres soient exploitées, mais qu’on tienne compte de ceux qui sont là aussi. Chez moi à Pointe Noire il y a des terres qui sont complètement souillées, et les jeunes paysans qui travaillent là sont obligés de partir. Seulement ils ne font pas de liens entre les exploitations pétrolières et les conséquences. Il faut comprendre qu’ils puissent aller chercher leur avenir ailleurs, même avec beaucoup de peine" explique-t-il au micro de Pauline de Torsiac.

"C’est vrai qu’il y a une solidarité chrétienne, mais ce n’est pas l’Eglise qui va arranger cette situation. Ce sont les grandes décisions politiques. Ils savent très bien l’interaction qu’il y a entre les multinationales et les hommes politiques au pouvoir. Que gagne le peuple ? C’est un problème de développement. Quand on dégage les jeunes, il faut les accueillir quelque part. Il faut même les aider. Je comprends ceux qui ont peur de partager leur gâteau. Mais c’est inévitable. Il faut qu’on reparte à la source. L’Europe et l’Occident seront obligés d’accueillir une bonne partie de l’Afrique" conclut Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou.