Syrie: "il faut s'attendre à une reprise des combats" pour Fabrice Ballanche

13 septembre 2016 Par

L’accord annoncé la semaine dernière entre la Russie et les Etats-Unis au sujet d’une trêve en Syrie est déjà sur la sellette.

Malgré les efforts de la communauté internationale, nombre de personnes en Syrie semblent opposées à l’idée d’un cessez-le-feu, qui permettrait, entre autres, d’apporter de l’aide humanitaire aux populations meurtries par le conflit qui règne actuellement dans ce pays. La semaine dernière, Russie et Etats-Unis avaient pourtant réussi à s’entendre sur une trêve, lors d’une énième réunion à Genève.

En effet, alors de nombreux groupes rebelles, qu’ils soient islamistes ou non, ainsi que l’opposition politique, n’a toujours pas donné de réponse officielle quant à un éventuel cessez-le-feu, certains ont d’ores et déjà fait comprendre qu’ils ne respecteraient aucune trêve. C’est notamment le cas du groupe islamiste rebelle, très influent en Syrie, Ahrar al-Cham, qui a rejeté l’accord qui doit être en vigueur ce lundi.

Selon lui, cette trêve ne ferait que renforcer le régime de Damas, et augmenter la souffrance du peuple. De son côté, Bachar al-Assad ne semble lui aussi pas convaincu par le cessez-le-feu. Apparaissant en public dans un ex-village contrôlé par les rebelles, le président syrien a déclaré vouloir reprendre tout le territoire qui échappe encore à son contrôle. Des déclarations jugées provocantes, quelques heures à peine avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

"L’Etat syrien est déterminé à reprendre aux terroristes toutes les régions et à rétablir la sécurité" a également indiqué Bachar al-Assad, rappelant que "certains pariaient sur des promesses de l’étranger", et précisant enfin que "ces promesses ne se concrétiseront pas". Une allusion directe aux puissances marraines de l’opposition au régime de Damas, que sont les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite.

L'analyse de Fabrice Ballanche, maître de conférences à l’Université Lumières Lyon 2 et chercheur invité au Washington Institute: