SYRIE - "L'argent ne suffit pas, il faut assurer la protection des civils"

A l'occasion de la conférence des donateurs, des ONG sont venues à Londres faire entendre leur voix. Mariah Al Abdeh lance un cri d'alarme pour que la protection des civils soit assurée.

Le 05/02/2016 - Les dirigeants du monde entier se sont retrouvés ce jeudi 4 février 2016 à Londres, pour une conférence des donateurs pour la Syrie. Plus de dix milliards de dollars ont été promis pour aider les millions de Syriens épuisés par la guerre et tenter d'endiguer l'afflux des migrants. C'est plus que ce qu'espéraient les ONG. Ces fonds serviront avant tout à créer des emplois pour les réfugiés dans les pays d'accueil et pour les populations autotochtones. Cet argent doit aussi servir à fournir une éducation à près de deux millions d'enfants syriens privés d'école.

"Cela se voit qu'il y a une vraie intention de donner de l'argent." Parmi les membres des quelque 90 ONG réunis ce mercredi à Londres pour appeler à aider et protéger davantage les réfugiés syriens, Mariah Al Abdeh. Cette activiste franco-syrienne et directrice de l’ONG Women Now for Development note avec satisfaction que l'on "parle d'éducation, ce qui est essentiel pour nous". Elle rapporte que  3 à 5 millions d'enfants syriens sont hors système scolaire.

"De l'aide humanitaire va être jetée par les avions dans les villes assiégées que les Russes et le régime syrien continueront à bombarder".

"On ne peut pas investir dans le développement si une protection n'est pas assurée". Mariah Al Abdeh explique que l'aide financière ne suffit pas: il faut protéger les civils des bombardements. A peine commencés les pourparlers de paix ont en effet été suspendus à Genève alors que le régime syrien et la Russie intensifient leurs frappes. La jeune femme rapporte d'ailleurs que selon John Kerry "on doit s'attendre à plus de bombardements après que les discussions de Genève aient été arrêtées". Amère, elle ajoute: "Il semble que la communauté internationale ne peut rien faire pour nous." Les jeunes ONG syriennes, nées avec la révolution de 2011 peinent à péreniser leur action alors que tout est régulièrement détruit. La franco-syrienne confie son sentiment d'impuissance: "De l'aide humanitaire va être jetée par les avions dans les villes assiégées que les Russes et le régime syrien continueront à bombarder".

Un témoignage bouleversant recueilli par Florence Gault.