Syrie: le quartier de la Ghouta orientale à feu et à sang

Présentée par

S'abonner à l'émission

Le choix de la rédaction

jeudi 28 décembre 2017 à 6h32

Durée émission : 3 min

Le choix de la rédaction

© ABDULMONAM EASSA AFP

L'évacuation du quartier de la Ghouta orientale est en cours. La Croix Rouge tente de sortir les civils restants de cet enfer où s'affrontent troupes régulières syriennes et rebelles.

Les combats dans le quartier de la Ghouta orientale ne datent pas d'hier. Depuis 2012, cette zone situé à proximité de Damas fait l'objet d'un véritable siège, où règnent des combats meutriers. Dans ce quartier, s'affrontent les forces armées syriennes de Bachar el-Assad, et les forces rebelles. Aujourd'hui, ce quartier représente l'une des dernières poches de résistance au régime du président syrien.
 

Une opposition syrienne aux multiples visages

Un siège dont la violence s'est intensifiée au fil des années, faisant de nombreuses victimes. Aujourd'hui, le nombre estimé d'habitants de cette enclave est de 400 000. Ils y vivent dans des conditions précaires, au bord de la famine. "Dans le processus de reconquête de la Syrie par les forces gouvernementales, on a de larges poches de résistance. Cette reconquête du pays passe à la fois par une combinaison d’opérations militaires et le jeu diplomatique visant à trouver une solution salvatrice pour soulager et épargner les populations civiles qui se trouvent au cœur des combats" explique Pascal Le Pautremat, expert en géopolitique du Moyen-Orient. 

En Syrie, le conflit oppose désormais "les forces alliées inhérentes au régime de Bachar el Assad face à une résistance, ou du moins à une opposition plurielle. Au sein de ces oppositions, on trouve des groupes laïques, chrétiens pour certains, mais également des sunnites radicaux à dimension djihadiste. Ce qui rend d’autant plus délicates les phases de désescalade progressive".
 

Un quartier stratégique aux portes orientales de Damas

Aujourd’hui, les forces syriennes reprennent progressivement du terrain. "La reconquête se fait par des victoires, mais se pose aujourd’hui la question des populations civiles, là encore plurielles. Vous avez des civils pris entre deux feux, et des populations qui ont fait le choix de soutenir une rébellion islamiste. Il est clair que du côté gouvernemental, le distinguo n’est pas évident à faire" ajoute Pascal Le Pautremat.

Concernant le quartier de La Ghouta plus spécifiquement, "on est dans une zone maraîchère. C’est une immense oasis. On est aux portes orientales de Damas. Stratégiquement, il s’agit pour le gouvernement d’essayer de contenir la progression de l’opposition. On sait combien elle a frôlé des quartiers centraux de Damas. Depuis, on a un processus de résistance qui n’a fait que s’amplifier face aux tentatives de reconquête des forces gouvernementales" explique cet expert du Moyen-Orient.

Mardi dernier, le Comité international de la Croix Rouge ainsi que le Croissant rouge ont annoncé le début de l'évacuation de la Goutha orientale. Une opération délicate qui a pour l'instant permis de conduire quatre patients gravement malades dans les hôpitaux de Damas. 
 

Sur le même thème :

Les dernières émissions

L'émission

Du lundi au vendredi à 06h32 et 08h03

Prendre le temps de s'arrêter sur un sujet marquant de l'actualité. Chaque jour, la rédaction nationale de RCF développe une actualité. 

Le présentateur

Juliette Lissandre

Etudiante en journalisme à l'ISCPA Lyon. Juliette est aussi scoute pendant son temps libre, et passionnée de cinéma et de photographie.