Thibault de Montbrial: "la France doit entrer dans une posture de combat"

Présentée par François Ballarin

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Le Grand Invité

mercredi 15 juin 2016 à 7h50

Durée émission : 8 min

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© THOMAS SAMSON AFP

Lundi, un couple de policiers était assassiné dans les Yvelines. Un acte revendiqué par Daech, mais perpétré par un homme seul, Larossi Abballa déjà connu pour des faits de radicalisation.

En ciblant deux policiers, Larossi Abballa visait la cible numéro un de l'Etat islamique. Il a également déclaré aux hommes du Raid avoir prêté allégeance à Daech trois semaines avant le meurtre des deux policiers. "Cela nous dit surtout que Larossi Aballa a répondu à un message incitant au passage à l’acte. Vous avez schématiquement deux types d’actes terroristes en Europe : ceux qui sont organisés, commandités, structurés, et les actes qui répondent à l’incitation, suite aux messages diffusés par l’Etat islamique, comme au mois de mai dernier, appelant les musulmans d’Occident à frapper par leurs propres moyens" déclare Thibault de Montbrial, avocat et auteur du livre "Le sursaut ou le chaos".

Il ajoute que "l'objectif est parfaitement clair : créer une sorte de chaos. On sait que la fragilité de nos sociétés permettrait le chaos suite à trois ou quatre actes rapprochés. Dans le message de Larossi Aballa, ce dernier appelle d’ailleurs à frapper des policiers, des politiques, des rappeurs. L’objectif  poursuivi est de porter des coups jusqu’à ce que notre société atteigne une forme de sidération."
 
Larossi Aballa a été condamné en 2013, poursuivi pour avoir recruté des candidats et de les avoir préparés physiquement pour aller mener le jihad dans une zone tribale entre le Pakistan et l’Afghanistan. Sa surveillance en sortie de prison n’a pas permis de déceler de signes avant-coureurs. "C’est le point clé. Nous sommes dans un Etat de droit. Nous ne pouvons pas aller au-delà du droit. En termes de surveillance, vous avez tout d’abord les personnes les plus dangereuses qui sont surveillées, mais on sait que depuis trois ans, le nombre d’objectifs a décuplé alors que les fonctionnaires et les moyens matériels n’ont pas été augmentés dans les mêmes proportions" explique l'avocat.
 
Tous les services secrets occidentaux ont le même problème face au suivi de la menace terroriste, rappelle Thibault de Montbrial.
Un problème que l’on rencontre même aux Etats-Unis, révélé après la tuerie d’Orlando dimanche dernier. "Il faut continuer les efforts, il faut être résilient, ce problème durera pendant plusieurs dizaines d’années. Il faut encaisser les coups, ne pas les subir, entrer dans une posture de combat" conseille-t-il.

 

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