Un accord d'étape enfin trouvé sur le nucléaire iranien

3 avril 2015 Par

C’est l’épilogue d’une épopée diplomatique d’un an et demi. Les grandes puissances et l’Iran ont conclu hier à Lausanne un accord d’étape historique sur le nucléaire iranien.

Cet accord cadre marque un tournant dans le dossier du nucléaire iranien qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans. Il aura fallu, pour cela, 18 mois de négociations, des heures de discussions et huit nuits blanches au bord du lac Léman à Lausanne pour y arriver. Mais, ça y est ! Les négociateurs sont parvenus à s’entendre sur la majorité des points clés du dossier. Alors, que contient ce fameux texte ?

Il faut croire, visiblement, que les derniers points de blocage ont été surmontés, notamment sur le calendrier : l'accord s'appliquera pendant dix ans, ce qui signifie que pendant sur cette période, la capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran sera réduite aux deux tiers. Par ailleurs, pendant ces dix années, le pays devra se soumettre à un contrôle strict de ses installations nucléaires. C'était notamment l'un des points de blocage les plus importants.

Téhéran devra donc réduire à 6 104 le nombre de ses centrifugeuses, nécessaire pour produire l'arme nucléaire, contre 19 000 actuellement. Un compromis à la marge, mais qui satisfait les Occidentaux. 
Une solution a aussi été trouvée pour le site nucléaire sensible de Fordow dont les Iraniens ont longtemps caché l’existence : il ne sera ni fermé, ni démantelé, mais reconverti en centre de recherches sur la physique nucléaire et l’Iran n’y enrichira plus d’uranium.

En échange, les sanctions internationales seront progressivement levées. Mais les grandes puissances, comme la France, ont très vite précisé que « les sanctions seront rétablies si l’Iran » manquait à ses obligations.
Maintenant, il faut peaufiner les détails et l'accord devra être entériné par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Ce qui ouvre maintenant la voie à un accord final qu’il faut définir dans le détail d’ici le 30 juin. Mais Barack Obama a déjà prévenu, il fera l’objet de vérifications sans précédent quant à son application. "Si l’Iran triche, tout le monde le saura", a mis en garde le Président américain.

Seule ombre au tableau, la violente réaction d’Israël face à cette annonce de compromis. Un responsable gouvernemental israélien a qualifié l’accord d'« erreur historique qui rendra le monde beaucoup plus dangereux ». Le Premier ministre Benyamin Netanyahu, farouche adversaire de tout accord, n'a pas encore réagi officiellement à cette signature. Mais il avait multiplié ces derniers jours les mises en garde contre un éventuel accord, agitant même la menace d'un recours à la force pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique.

Et à Téhéran, l’annonce de cet accord a été accueillie par des scènes de liesse. Une partie de la grande avenue Vali Asr, qui traverse la capitale iranienne, était bloquée par une longue file de voitures, dans une cacophonie de klaxons. Des piétons chantaient et dansaient sur les trottoirs.