Un avant-goût de printemps en des temps difficiles

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 9 mars à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

Aujourd’hui, il y avait dans l’air quelque chose du printemps, après la grisaille et la pluviosité intense des dernières semaines, et l’épidémie anxiogène du coronavirus… Comme c’est bon.

Aujourd’hui, il y avait dans l’air quelque chose du printemps, après la grisaille et la pluviosité intense des dernières semaines, et l’épidémie anxiogène du coronavirus. Les oiseaux chantaient dans le jardin, dès 5 heures et jusqu’à la levée complète du jour. Comme c’est bon. 

Il y a un avant-goût, un parfum de printemps, ce temps privilégié où la nature s’éveille de tout côté, et elle régale les poètes. 

Les scientifiques aussi se penchent sur la nature et la biodiversité. Ils estiment que plus de 90% des espèces de la nature restent inconnues malgré des décennies d’exploration minutieuse des endroits les plus familiers et les plus reculés de la planète (Shannon Bennett, chef de l'Académie californienne des sciences, 5 déc. 2019). La richesse de la diversité des plantes et des animaux est ce qui permet à la vie sur notre planète de prospérer : l'interconnexion de tous les systèmes vivants assure la résilience collective face à notre crise climatique. 

2020 est l’année de la 15ème COP (Conférence des parties) sur la diversité biologique pour que des engagements soient pris face aux risques d’extinction. Un million d’espèces animales et végétales (sur les 8 millions estimées) sont menacées d’extinction selon l’IPBES, le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité. L’IPBES (l’équivalent du GIEC pour la biodiversité) propose aussi des solutions à mettre en place par les décideurs et tous les acteurs de la société. Ce qui est attendu aussi de la COP 15, c’est que s’opère rapidement un rapprochement entre les différentes COP afin que les enjeux liés aux changements climatiques, à l’érosion de la biodiversité et à la désertification soient traités ensemble.

Pablo Servigne et Gauthier Chapelle dans L'entraide, l’autre loi de la jungle (Les Liens qui Libèrent, 2017) soulignent qu’une certaine lecture de Darwin pourrait faire penser que la loi de la compétition dicte l’évolution. Certes, la compétition est partout, et depuis toujours, elle est a l’œuvre dans le vivant et l’évolution des espèces. Mais la science contemporaine met clairement en évidence qu’en complément à la loi de la compétition, il y a la loi de l'entraide. Jusqu’ à une certaine lecture récente de Darwin, la vision de la nature a été influencée en profondeur et durablement par une vision du vivant exclusivement fondée sur la lutte. 
Le philosophe anglais Bacon écrivait au seuil du XVIIe siècle : « On ne commande la nature qu’en lui obéissant ». Il y a un enjeu majeur à lui obéir ainsi et à diffuser les travaux des sciences contemporaines qui donnent un tout autre regard sur le vivant et par conséquent, sur l’humain qui en fait pleinement partie. Contemplons la nature pour goûter à tout ce qu’elle nous donne de vivre et à toutes les relations d’entraide qui régissent le vivant. Vive le printemps qui vient.

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Le présentateur

François Prouteau

François Prouteau est le président du mouvement Fondacio