Un rapport dénonce les ventes d’armes de la France à l’Egypte

4 juillet 2018 Par

Un rapport réalisé par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et l’Observatoire des armements dénonce les ventes d’armes françaises à l’Egypte.

La France a-t-elle participé à la répression menée par le pouvoir militaire égyptien contre ses opposants ? Oui, si l’on en croit le rapport publié mardi 3 juillet par la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et par l’Observatoire des armements. Pour ces organisations, les armes vendues à l’Egypte auraient servi au pouvoir militaire en place pour mener une répression contre ses opposants.
 

Des ventes d'armes record en 2016

Un problème pour la FIDH et pour l’Observatoire des armements, qui rappellent que la France doit respecter ses engagements pris au niveau international, selon lesquels il n’est notamment pas possible de vendre des armes ou du matériel de surveillance à des fins de répression. Les chiffres sont éloquents. Les livraisons d’armes sont passées de 39,6 millions d’euros en 2010 à 838,4 millions d’euros en 2014, pour finalement atteindre 1,3 milliards d’euros en 2016.

Le rapport en question pointe du doigt plusieurs entreprises telles que Naval Group, Manurhin, Safran, Airbus-Thales, Renault Truck Defense ou encore Nexa Technologies. Cette dernière a notamment vendu un système de cybersurveillance en vue de surveiller les opposants au régime. Une entreprise qui s’est notamment fait connaître par le passé pour avoir fourni des systèmes semblables au régime du colonel Kadhafi en 2007.
 

Antoine Madelin, responsable du bureau plaidoyer de la FIDH au micro d'Auriane Piclin:

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Le rapport demande la suspension des ventes d'armes

"On a mené un travail d’enquête à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, conjointement avec l’Observatoire des armements pour démontrer comment et combien la répression en Egypte a pu se faire en partie avec le soutien de matériels extrêmement sophistiqués développés par des industries françaises. On a vu que la répression que toute voie dissidente est systématique. Du coup, il y a un terrain dangereux et dans lequel on estime qu’il serait déconseillé de vendre du matériel qui pourrait servir cette répression" explique notamment Antoine Madelin, responsable du bureau plaidoyer de la FIDH.

Les auteurs du rapport étudient désormais la possibilité de pouvoir poursuivre en justice les entreprises concernées. Elles demandent également que soit faite toute la lumière sur ces ventes d’armes à l’Egypte, ainsi qu’une suspension des exportations de matériels qui auraient pu servir à la répression contre la population égyptienne.