Vaccins : pour l'UE, il est temps de revoir sa copie

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L'oeil sur l'Europe

mercredi 10 février à 18h25

Durée émission : 3 min

Vaccins : pour l'UE, il est temps de revoir sa copie

© CC Pixabay

Quelques mois auront suffit à forcer la comparaison post-brexit : le Royaume-Uni contre le reste de l’Europe. Au bénéfice, semble t-il, des premiers nommés

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Rapidement servi en vaccins nous dit-on, alors que la France est à la traîne, les britanniques sont en meilleure posture et leur santé est prise au sérieux, là où pour l’UE, le vaccin reste un objet de négociation.

Cependant, il est essentiel de rappeler quelques points, à commencer par la compétence de la santé. Cette compétence, l’Union Européenne a du se l’approprier. Car en effet, selon les textes de la constitution, cette compétence est à la discrétion des états. Aucune commission, aucun service, n’était prêt à s’emparer d’un tel dossier, il y a presque un an. Eh oui. C’est bête mais en temps normal c’est pour ainsi dire, du « chacun pour soi ». Cette dimension ne lui est pas étrangère, mais à titre de complément à l’action de chaque état, via l’article 168, pour les curieux.

Comment fait-on pour se servir d’un outil pour lequel rien n’est adapté ? Il faut du temps, il faut apprendre, modifier pas mal de paramètres. Et cela se compte en mois, voire en années. Ceci explique en partie cela. Déjà que la machine administrative européenne n’est pas la plus souple du monde, bien au contraire, quand en plus il faut composer avec l’urgence… Les critiques pleuvent, sans distinction, parfois à raison, souvent sans mesure.

Pourtant, les pays membres ont été unanimes sur ce dossier, se mettant tout de suite d’accord pour unir leur force, par le biais de l’institution qu’est l’Union européenne. Des pays de l’UE solidaires, dans une période de doute, ça ne peut pas faire de mal, même si cela, j’en conviens, ne balayera aucune inquiétude, pour le présent comme pour l’avenir.

Mais alors, puisque les textes le permettaient, pourquoi ne pas s’être cantonné aux textes de la constitution et y être allé chacun de son côté ?
La réponse me paraît évidente : pour ne pas nous perdre en route. Une application bête et méchante de la constitution, avec chaque nation passant commande pour sa pomme, se serait fait au détriment de tous. Avec un continent déjà bien en retard sur le dossier, les plus gros, entendez par là les bons payeurs, comme l’Allemagne, les Pays-Bas, par exemple, auraient tiré leur épingle du jeu, livrés pas trop tard et en quantité suffisante. De l’autre côté de la barrière, la Grèce, la Roumanie, la Belgique, se seraient retrouvé avec les miettes, dans des délais de livraison intenables, avec en prime un possible chantage de la part de labos peu scrupuleux, en nette position de force pour faire monter les prix.

Quand à la France, vu les carences montrées depuis le début de la crise, personne n’aurait pu prédire de quel côté nous aurions pu être. Mais en l’état, avec la bonne intelligence collective montrée par mes concitoyens, malgré les râleries de concert, j’ose croire que la carte de la solidarité européenne est la bonne.

Mais là aussi, l’Union Européenne doit tirer des leçons pour l’avenir : depuis plus de 60 ans, cette union n’est bâtie qu’au travers du prisme de l’économie et de la rentabilité, saupoudré de quelques valeurs sociales pour la forme. Le vaccin apparaît alors telle une marchandise comme une autre. L’équilibre est fragile, et avec d’autres épisodes de ce genre à venir, il est temps de revoir la copie.
 

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Le présentateur

Maxime Nedelec

Arrivé en Sarthe en septembre 2016, il vous accompagne sur l'antenne de RCF lors des tranches locales. Présentateur du Coup de Projecteur, de Chez nous, l'Europe et de l'émission musicale Décibels