Valérie Niquet : "Une fuite en avant du pouvoir chinois"

Présentée par UA-123585

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mardi 26 mai à 6h41

Durée émission : 4 min

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© AFP-Le 24 mai, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des canons à eau sur des milliers de manifestants pour la démocratie réunis contre une loi de sécurité controversée proposée par la Chine.

Après des mois de manifestations pro-démocratie à Hong-Kong, c'est le retour des tensions. Le point avec Valérie Niquet, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

Jugé liberticide par les habitants de la ville, le projet de loi sur la sécurité que souhaite adopter Pékin a remis le feu aux poudres à Hong-Kong ces derniers jours.

" C'est un projet de loi sur la sécurité intérieure qui aurait dû être adopté par Hong-Kong et qui s'est toujours heurté à l'opposition. Pékin voyant que les autorités de Hong-Kong n'étaient pas capables de faire voter ce projet de loi a décidé de l'imposer, en le faisant voter par l'assemblée populaire nationale qui vient de se réunir en Chine. Ce projet de loi remet donc en cause le statut de Hong-Kong qui devait être celui d'une très grande autonomie pendant une période de 50 ans après 1997", explique Valérie Niquet, docteure en Sciences Politiques et directrice du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique. 

Affirmer la puissance de la Chine 

Alors que la Chine semblait lacher du lest ces derniers mois, comment expliquer ce changement d'attitude avec l'ex colonie britannique ?
"Il y a plusieurs éléments. D'abord il y a cette crise du Covid-19. Pékin pense que le reste du monde est trop occupé par la gestion de cette crise pour s'occuper de ce qu'il se passe à Hong-Kong et c'est à mon avis un mauvais calcul, analyse Valérie Niquet. On a l'impression qu'il y a une fuite en avant du pouvoir chinois. Il réalise que l'image de la Chine est tellement dégradée que sa volonté est d'affirmer avant tout la puissance de la Chine, quelles que soient les conséquences. Pékin ne prend plus aucune précaution pour tenter de séduire l'opinion internationale " 

Une violence qui monte 

Si cette loi est imposée par la force par Pékin, on risque d'avoir une multiplication des manifestations et une violence qui monte, provoquée par cette volonté d'imposer la fin du statut de " un pays- deux systèmes", en ne tenant pas compte des engagements internationaux qui avaient été pris en 1997

 

Invités

  • Valérie Niquet, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique

L'émission

du lundi au vendredi à 7h40

Tous les jours dans La Matinale RCF, un fait d'actualité mis en lumière et expliqué en trois questions.

Le présentateur

Baptiste Madinier