Vatileaks: "Allons de l’avant avec sérénité et détermination" rappelle le pape François

4 novembre 2015 Par

Une nouvelle déconvenue pour le Vatican. Après la fuite de documents révélant de nouvelles frasques financières au Saint Siège, le pape François ne se laisse pas abattre.

Le grand ménage du Vatican entamé par Benoît XVI et poursuivi par le pape François prendra sans doute plus de temps que prévu. Une nouvelle affaire vient d'entacher le Saint-Siège et la Curie romaine. Une affaire révélée au grand jour après l’arrestation de deux personnes ayant eu accès à des documents confidentiels, révélant de nouvelles frasques financières dans l’enceinte du Vatican.

Ce prélat de l’Opus Dei, et une consultante en relations publiques, tous deux membres d’une commission d’enquête financière montée par le Saint-Père, ont été arrêtés par la gendarmerie du Saint-Siège, au moment de la publication de deux ouvrages révélant de nouveaux scandales financiers au Vatican : Chemin de Croix et Avarice.

Dans ces ouvrages, on apprend que Mgr Ballejo Valda et Francesca Chaouqui auraient fait fuiter des documents révélant que 400 millions d’euros récoltés par l’Eglise sous forme de dons en faveur d’œuvres caritatives, le Denier de Saint-Pierre, auraient été utilisés au profit de certains membres de la Curie, via un fonds secret.

On y apprend également que certains cardinaux continueraient de vivre dans de somptueux appartements, bien loins d'une Eglise "pauvre pour les pauvres" selon le souhait de François, mais également que les dépenses du Saint- Siège auraient continué d’augmenter, alimentées par de nombreuses pertes dues à des différences d’inventaire, au supermarché et à la pharmacie du Vatican notamment.

Enfin, les livres révèlent que le pape aurait été enregistré à son insu, lors de conversations privées. Pour l’instant, on ne sait pas qui de Mgr Ballejo Valda ou de Francesca Chaouqui est responsable de cet espionnage, les deus suspects se renvoyant mutuellement la balle. Dans ces enregistrements, on entend le pape François s’inquiéter de la corruption présente au sein de l’Eglise. De nouveaux faits qui viennent corroborer de telles inquiétudes.

Le Vatican a réagi en précisant, une fois encore, que "la divulgation de documents réservés est un délit puni par la loi du Vatican promulguée en juillet 2013", soit après le premier scandale Vatileaks. Le communiqué du Saint-Siège ajoute "que, comme déjà dans le passé, il s'agit d'une grave trahison de la confiance accordée par le pape", et que "des publications de ce genre ne concourent en aucune façon à établir la clarté, mais plutôt à générer la confusion et des interprétations partielles et tendancieuses".

Des révélations qui n'en sont pas vraiment, pour Sébastien Maillard, correspondant à Rome pour le quotidien La Croix, interrogé sur RCF. 

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