Vincent Desportes: Face à Daech, "il faut une stratégie globale"

16 novembre 2015 Par

Interrogé au lendemain des attentats parisiens, le général Vincent Desportes explique que la stratégie employée contre Daech n'est pas la bonne.

Au lendemain des attentats qui ont frappé la capitale, le général Vincent Desportes, ancien directeur de l'Ecole de Guerre et professeur à Sciences Po, explique que le problème principal qui se pose face à l'Etat islamique, c'est la stratégie. Mais pas question ici de ne parler que de stratégie militaire, pour ce spécialiste des questions de Défense. "Vous aurez bon ajouter des bombardements aux bombardements, et des moyens militaires aux moyens militaires, ce n'est pas ça qui construit une stratégie" explique le général.

Pour l'ancien directeur de l'Ecole de Guerre, la vraie question, au lendemain de ces attentats meurtriers, mais plus généralement face à un ennemi comme Daech, est un problème de stratégie globale, un terme qui selon lui englobe à la fois la stratégie militaire et la stratégie à l'intérieur du territoire national. Pour y parvenir, le général Desportes appelle à la mise en place d'une vision commune entre les différentes parties.

Citant notamment les Etats-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, l'Iran, la Turquie, Israël et la France, Vincent Desportes estime que ces puissances doivent trouver une vision commune sur le combat contre Daech, et sur la question syrienne. "Chacun doit bien comprendre que notre ennemi n'est pas Mr Poutine, ce n'est pas Mr Assad. Notre ennemi autodésigné, c'est Daech, et c'est un ennemi à mort" explique le général Desportes.

"Quand cette vision aura été établie, on pourra réfléchir aux moyens, qu'ils soient militaires, diplomatiques, et économiques" conclue-t-il.