Vincent Lambert: pour Mgr Rougé, "la culture de mort ne peut pas avoir le dernier mot"

15 juillet 2019 Par

Vincent Lambert est décédé jeudi 11 juillet dernier. L’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé, réagit à cette actualité dramatique sur RCF.

"Un problème avec la mort et la fin de vie"

Lors de l’annonce du décès de Vincent Lambert, après une semaine d’arrêt d’alimentation et d’hydratation, Mgr Matthieu Rougé réagissait sur Twitter en indiquant que "la culture de mort ne peut pas avoir le dernier mot". Sur RCF, l’évêque de Nanterre a estimé que "notre société a un problème avec la mort et la fin de vie. Mais pour Vincent Lambert, il y a la question de la manière dont nous accompagnons les malades très gravement fragilisés, comment nous les respectons. C’est quelque chose de très exigeant, parfois très difficile, mais essentiel pour notre rapport à la dignité de la personne humaine".

 

Pour le cas de Vincent Lambert, Mgr Matthieu Rougé précise qu’il "ne s’agit pas de rendre sa dignité à une personne, mais de reconnaître sa dignité de personne humaine et de la servir. […] Il ne s’agit pas de donner des leçons à qui que ce soit, ce sont des situations très difficiles. Mais on voit aussi par tout ce qui s’est dit sur la situation de Vincent Lambert qu’il y a des tas de gens qui sont auprès de personnes très diminuées et qui savent les accompagner. C’est tout à fait remarquable".
 

La dignité humaine s'impose d'elle-même

L’évêque de Nanterre va encore plus loin. "La dignité de la personne humaine ne vient pas de l’intérêt que porte l’environnement, de son utilité. Elle s’impose d’elle-même. Toute personne humaine vivante mérite d’être inconditionnellement respectée. C’est la base de la vie en société" lance-t-il, estimant qu’on aurait dû placer Vincent Lambert dans un institut spécialisé. "C’est une incompréhension".

"Notre société est très fermée à la fragilité, au handicap et au handicap grave en particulier. Ce sont des situations lourdes à porter et très douloureuses. Ce sont des sujets très importants. Mais aujourd’hui, notre société ne peut être digne de l’homme et ouverte à une véritable paix que si la personne fragile est absolument respectée et accompagnée" conclut Mgr Matthieu Rougé.
 

Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, interrogé par Etienne Pépin:

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