Vocation : comment la penser aujourd’hui !

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Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

lundi 16 décembre 2019 à 18h25

Durée émission : 3 min

Carte blanche de François Prouteau, président de Fondacio

Les parents sont souvent inquiets ; ils ont peur que l’orientation de leur enfant se fasse par défaut. Un ouvrage récent, "Penser la vocation aujourd’hui" aide à penser nouvellement la relation entre orientation, vocation et éducation au choix. On y trouve par exemple une réflexion sur le concept japonais Ikigaï, à partir de quatre traits distinctifs. Ces quatre traits se retrouve aussi dans la notion de « vocation ».

Dans mes deux dernières cartes blanches, je vous ai parlé de la réforme de l’éducation et de l’accompagnement à l’orientation au collège et au lycée.
Les parents sont souvent inquiets ; ils ont peur que l’orientation de leur enfant se fasse par défaut. Un ouvrage récent, Penser la vocation aujourd’hui aide à penser nouvellement la relation entre orientation, vocation et éducation au choix. On y trouve par exemple une réflexion sur le concept japonais Ikigaï, à partir de quatre traits distinctifs. Ces quatre traits se retrouve aussi dans la notion de « vocation ». Au sens moderne du terme, la vocation serait un appel à se réaliser soi-même selon quatre dimensions : ce qui a du goût pour soi, ce qu’on aime faire ; ce pour quoi on a des capacités, des aptitudes ; ce qui donne du sens dans notre relation aux autres et au monde ; un métier qui aide à vivre concrètement. 
Le philosophe Paul Ricœur, quand il était professeur en lycée, conseillait à ses élèves d’accueillir leur future profession comme une vocation, un appel monté du fond l’être et révélateur de talents, comme on aime à le répéter à l’IFF Europe. « Un métier, ce n'est pas une place vide à remplir, c'est une œuvre à tirer de toi-même ». Ricœur conseillait aussi à ses élèves d’aller à la rencontre de personnes qui vivent leur métier comme une flamme, car la passion, c’est contagieux. Cultiver ses passions, c’est capital dans un monde en mutations où peut dominer le désenchantement. C’est notre responsabilité d’adulte de ne pas désespérer les jeunes, même si la vie n’est pas facile, mais ils le savent, et parfois ils le savent trop tôt de manière cruelle. 
La récente étude PISA réalisée tous les trois ans, comparant le niveau des élèves de 15 ans dans 79 pays, place encore une fois la France dans le milieu du tableau. Ce que cette étude révèle, comme le montrent aussi de nombreuses analyses officielles, c’est le caractère inégalitaire du système scolaire en France. « Depuis dix ans, les analyses et rapports établis sur la sociologie de l’École convergent tous vers un même carrefour de tensions : c’est dans l’orientation que se lisent avec le plus de brutalité les inégalités sociales et de genre dont souffre notre système scolaire » (rapport de Pascal Charvet au Ministre de l’Éducation Nationale, juin 2019). Il reste donc beaucoup à faire dans les établissements et aussi en dehors, il faut aller plus loin que le travail important qui est déjà réalisé dans ce sens. Je l’ai vu encore récemment à Angers, avec toutes les associations présentes à la soirée organisée par Esperancia, le 19 novembre dernier, notamment l’ « Association C’Possible » formée de bénévoles engagés dans l’accompagnement des 16 à 20 ans, souvent issus de milieux défavorisés, pour leur donner les meilleures chances de réussir.

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François Prouteau

François Prouteau est le président du mouvement Fondacio