Yémen, l'état sanitaire "au-delà de l'urgence"

17 août 2016 Par

La coalition arabe a touché ce lundi un hôpital de Médecins sans frontières au Yémen, suscitant l'indignation de l'ONG et de la communauté internationale.

"Une erreur tragique". C'est ce qu'avance la coalition arabe sous commandement saoudien, pour expliquer le bombardement par un raid aérien d'un hôpital au Yémen ce lundi (15 août). Elle répond à la vive indignation suscitée par ce raid dans la province rebelle de Hajja, contrôlée par les rebelles houthis. Dans cet hôpital, se trouvaient les équipes de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), dont l'un des membres est décédé, ainsi que 14 autres personnes.

Une indignation que partage le chef de mission MSF au Yémen, Hassan Boucénine. Il appelle la communauté internationale à faire cesser ce conflit, qui emporte de plus en plus de civils.

"C'est le quatrième hôpital de MSF qui est touché par un bombardement" se désole-t-il. Pourtant, l'ONG disposait des garanties de la coalition et avait effectué toutes les démarches nécessaires. "On remplit toutes les conditions posées par la coalition: on donne nos coordonnées GPS, on est totalement transparents par rapport aux endroits où on travaille, notre activité est connue". D'autant plus que les hôpitaux qui ont été touchés sont d'importantes structures et pas des "hôpitaux de campagne"

Le chef de mission MSF au Yémen tient à alerter la communauté internationale sur le drame humanitaire qui se joue au Yémen, d'autant que "deux partis en présence font peu de cas de la vie des civils""L'état sanitaire du pays est au-delà du stade de l'urgence depuis au moins 6 mois" indique Hassan Boucénine.

Pour lui, la communauté internationale se doit d'intervenir pour ne pas laisser ce conflit perdurer. Et il ne s'agit pas seulement d'apporter des solutions humanitaires, valables seulement à court terme, mais surtout de ramener les belligérants "autour des tables des négociations"

Le chef de mission MSF au Yémen estime ne plus avoir les garanties nécessaires pour travailler sur les fronts du nord du pays. Pour pouvoir rapidement s'assurer de garanties de sécurité fermes, l'ONG entend rapidement rencontrer les responsables de la coalition arabe. La coalition qui a, elle, lancée ce mardi (16 août) une enquête "indépendante".