Yémen : la malnutrition infantile gagne du terrain

1 février 2017 Par

Conséquence de la guerre civile, et de la crise économique, la malnutrition infantile est de plus en plus importante au Yémen.

La situation est dramatique, et dans un sens, désespérante. Conséquence de la guerre civile et des graves difficultés économiques qui en découlent, la malnutrition infantile a gagné du terrain au Yémen, effaçant une décennie de progrès. C'est le cri d'alarme envoyé par l'UNICEF, mardi 31 janvier.

Selon les chiffres publiés par l'organisme international, plus de la moitié des 28 millions de Yéménites auraient des difficultés à se nourrir. Sept millions d'entre eux souffriraient de la faim. Et environ 2,2 millions d'enfants souffriraient de malnutrition sévère, les rendant très vulnérables aux maladies mortelles. Ce qui a pour conséquence directe d'augmenter la mortalité avant l'âge de cinq ans.

Le contexte yéménite est catastrophique. Le pays fait face à une situation humanitaire sans précédents. Le résultat d'une guerre civile qui oppose les forces gouvernementales, dirigées par le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyé par la coalition arabe aux forces rebelles qui se sont emparées de la capitale du pays, Sanaa, ainsi que d’autres régions du Yémen. Un conflit qui aurait causé la mort de 1 400 enfants depuis mars 2015, et où l’hypothèse de crimes de guerre commis par l’Arabie saoudite devient de plus en plus plausible.

Selon l'ONU, environ 10 000 civils auraient été tués depuis l’entrée en action de la coalition arabe, composée du Bahreïn, du Koweït, du Qatar, des Emirats arabes unis, avec l’assistance de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc et du Soudan. Le groupe d’experts des Nations-Unies a prévenu que ceux soutenant la coalition pourraient également faire l’objet de sanctions onusiennes.

Le témoignage sur place d'Eric Jeunot, chef de mission au Yémen pour l'ONG Médecins sans Frontières: