Les vœux à échanger si on veut vraiment que ça change en 2018

Pour 2018 on ne vous souhaite par des petits bonheurs confortables, mais le bonheur en grand, une joie qui sait la dureté du quotidien et un engagement de chaque instant pour la paix.

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Au lancement du premier jour de l'année 2018, on ne peut que se souhaiter paix, joie, bonheur. Mais une paix durable, une joie partagée, un bonheur possible.
 

"C'est important de se dire qu'il y a une force de la bonté, une force du bien"

 

souhaiter le bonheur, mieux que le bien-être

"Aujourd'hui le bonheur est petit", nous dit Laurence Devillairs. Dans son livre "Un bonheur sans mesure" (éd. Albin Michel), elle montre comment on confond bonheur et bien-être. Elle écrit : "Le bonheur n'est plus qu'une collection de plaisirs, de bons moments et bons sentiments, être heureux n'a rien à voir avec un travail sur soi."

Pour la philosophe, la "psychologie positive" nous fait croire que "le bonheur ce n'est ni être ni avoir, c'est faire". Une suite de recettes et de notices entre sport et spiritualité, telles que sourire, dire bonjour ou faire la fête avec ses voisins. Autant d'injonctions qui ont certes des effets positifs mais qui relèvent selon elle du bien-être. Or, il y a beaucoup plus dans le bonheur que dans le bien-être !

 



 

consoler l'autre pour éprouver Une joie bien réelle

"Il y a une dureté à l'œuvre dans nos vies", rappelle Jean Humenry. Et la nier, nier "l'existence massive, ingrate, sourde, muette de la réalité", comme le dit Laurence Devillairs, n'ôte rien à cette dureté. "Le réel c'est le lieu de réalisation de mes désirs et aussi le lieu où ils sont fracassés et broyés, déçus." Et si notre société du petit bonheur domestique, que l'on se contruit chez soi avec un canapé et une télévision, avait quelque chose à voir avec la négation du réel ? 

Au quotidien, "la violence est latente, souvent insupportable". Prenez la maladie, l'enfant qui ne réussit pas, la souffrance du chômage, de la répression... Comment faire évoluer nos vies vers le respect et l'attention ? Parce que la vie est un éternele recommencement, Jean Humenry a écrit "Le petit livre de la consolation" (éd. Salvator). Comme disait le philosophe allemand Hans Blumenberg (1920-1996), l'homme est un animal inconsolable et que c'est bien pour cela qu'il a besoin de consolation ! La consolation, dont il est vrai qu'on ne peut se la donner à soi mais seulement aux autres : ou comment éprouver une joie qui ne nie pas les difficultés de la vie.

 



 

S'engager pour Une paix active

La paix, la joie, le bonheur : s'il n'est pas de grands hommes pour en incarner l'idée, difficile à croire que ça existe ! "La morale a besoin et produit des héros", souligne Laurence Devillars. Et pour nous inspirer en 2018, qui mieux que Mandela et Gandhi ? Deux génies de la lutte pour les droits humains, à qui Eric Vinson et Sophie Viguier-Vinson consacrent une biographie croisée "Mandela et Gandhi - La sagesse peut-elle changer le monde ?" (éd. Albin Michel). Ils sont inspirants car le combat non-violent ou "Satyagraha", qu'ils ont mené était tout sauf passif. Et surtout "ils n'ont jamais abandonné", dit l'écrivain.

Alors pour cette nouvelle année, ne pas oublier que l'on n'aura "jamais fini de s'engager", comme l'exprime Sophie Viguier-Vinson. "C'est vrai qu'il y a besoin de cette énergie", admet Jean Humenry. "C'est important de se dire qu'il y a une force de la bonté, une force du bien", conclut la philosophe.