Comment retrouver le goût de l’engagement ?

On dit notre société gangrenée par l'individualisme. Comment faire percevoir la nécessité de l'engagement? Comment le mettre en acte?

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On dit notre société gagnée - menacée - par l'individualisme. Peut-elle pour autant se passer de l'engagement des uns pour les autres ? Alors que les États généraux de la bioéthique tentent de répondre à la question "Quel monde voulons-nous pour demain ?", n'est-il pas temps de remettre en lumière l'engagement et le christianisme social ? L'Académie d'éducation et d'études sociales (AES) vient de publier "L'engagement dans la cité" (éd. Artège). Elle propose un éclairage spirituel sur l'engagement, qu'il soit politique, culturel, économique ou éducatif.
 

"L'engagement n'est pas facultatif"

 

L'AES, actrice du christianisme social

Fondée en 1922 par le diplomate catholique Edmond Bruwaert (1847-1927) et sa femme Suzanne King-Bruwaert, l'Académie d’éducation et d’études sociales (AES) rassemble aujourd'hui "des intellectuels de toutes sensibilités et de tous horizons", explique Ghislain Lafont. L'objectif : "contribuer à ce que la société soit inervée par la pensée chrétienne, par la pensée catholique, par ce que nous disent les papes" et aussi "montrer que cette société chrétienne a encore quelque chose à dire au monde".

"Transmettre l'essentiel" (2017), "Le visage des pauvres" (2016), "La mort, un temps à vivre" (2015)... Chaque année, L'AES recense le fruit de ses réflexions dans un ouvrage. (Le prochain portera sur le transhumanisme). Et cette année, c'est l'engagement qui est questionné. Comment en faire percevoir la nécessité ? Comment le mettre en acte ? "L'engagement peut être un mouvement de soi, mais ça peut être aussi la réponse à un appel", explique Jean-Paul Guitton.
 



 

L'engagement est-il en voie de disparition ?

"L'école est la première société suprafamiliale où on fait société, où on fréquente des gens que l'on n'a pas choisis et où on apprend à vivre avec des gens qui sont autres." Pour Eric Mestrallet, créateur de la Fondation Espérance banlieue, l'école est le premier lieu de "contact avec l'altérité". Et donc le premier pas vers l'engagement.

L'engagement va de pair avec l'idée de transmission. Pour Jean-Paul Guitton, si "globalement la société tend vers l'individualisme", lui se dit "frappé par le grand nombre de jeuens qui ont un appel différent". Par exemple ces jeunes diplômés d'école de commerce qui bifurquent vers l'Économie sociale et solidaire ou les métiers de l'humanitaire.