
Au lendemain du Forum Viva, retour sur la fragilité avec Dominique Versini, co-fondatrice du Samu social, ancienne défenseure des enfants, ancienne secrétaire d'Etat chargé de la lutte contre la précarité et l'exclusion, adjointe à la mairie de Paris, chargée des droits et de la protection de l'enfance, elle publie J'ai rêvé d'un monde plus juste, chez Flammarion.
Dominique Versini a grandi au Maroc, dans une grande précarité, avec une mère célibataire, avant de consacrer sa vie à l’engagement auprès des plus démunis.
Le retour en France fut difficile. Il constitua pour Dominique Versini une prise de conscience : il existe bel et bien une grande précarité en France. Elle comprit qu'elle devait agir, aider ces personnes démunies.
Le Samu social a complètement changé l'accueil
des plus démunis en France
C'est ainsi qu'en 1993 naquit le Samu social. Avec le docteur Xavier Emmanuelli, elle co-fonda cette organisation dans le but de pourvoir des meilleures conditions de vie aux personnes vivant dans la rue. "Le Samu social a complètement changé l'accueil des plus démunis en France. En allant vers celui qui ne demande plus rien, pour lui tendre la main, pour créer du lien et le ramener dans son propre pays, dans sa société", relate-t-elle.
L'année 2015 marque un tournant dans l'accueil des réfugiés en Europe et plus particulièrement en France. Cette année-là, l’Europe dépassait le million d’entrées irrégulières, conséquence de la crise syrienne.
Les réfugiés arrivaient partout en Europe depuis la Méditerranée. À Paris, ils se retrouvaient principalement Porte de la Chapelle. "On commence alors à avoir des campements géants dans Paris", se souvient la co-fondatrice du Samu social. Dominique Versini se rend donc en Allemagne pour voir comment notre voisin prend en charge les migrants. Et elle y trouve un "accueil professionnel".
La société civile a été au rendez-vous avant les pouvoirs publics quand même, il faut le dire
Elle décide alors de revenir à Paris et de mettre en place un système similaire. "Je propose à la maire de Paris d'ouvrir un grand centre humanitaire Porte de la Chapelle avec une grande bulle, se souvient-elle. On a pu ainsi, avec Emmaüs, qui était l'association qui a accepté de gérer le centre humanitaire, héberger un nombre incroyable de gens."
Dominique Versini se souvient d'un élan de solidarité notoire de la part des Parisiens, des bénévoles et des paroissiens de nombreuses églises. "La société civile a été au rendez-vous avant les pouvoirs publics quand même, il faut le dire", rappelle-t-elle.
Depuis cette crise migratoire importante et le nombre de personnes vivants dans la rue ne faisant qu'augmenter au fil des années, la Ville de Paris a créée de nombreux centres d'hébergements pour les personnes dans le besoin. "La ville elle-même, dans le mandat précédent, a mis une quarantaine de bâtiments à la disposition de l'État, qui lui finance les associations qui gèrent au quotidien ces personnes", explique Dominique Versini.
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