Le chant des poètes

Présenté par Martineau Patrice

Dans l’Antiquité, la poésie avait pour nature le lyrisme, elle était l’expression privilégiée de la beauté des choses et la noblesse des sentiments. Mais depuis quelques décennies, avec le recul de l’apprentissage des « Humanités », on la lit de moins en moins, d’où l’intérêt de renouer avec sa nature originelle; le lyrisme. Nos grands chanteurs français ne s’y sont pas trompés, ils ont mis de la musique au pied de ses vers. Alors usons et abusons de leurs talents, c’est pour elle et pour nous une question de survie.

Le chant des poètes

Présenté par Martineau Patrice

Dans l’Antiquité, la poésie avait pour nature le lyrisme, elle était l’expression privilégiée de la beauté des choses et la noblesse des sentiments. Mais depuis quelques décennies, avec le recul de l’apprentissage des « Humanités », on la lit de moins en moins, d’où l’intérêt de renouer avec sa nature originelle; le lyrisme. Nos grands chanteurs français ne s’y sont pas trompés, ils ont mis de la musique au pied de ses vers. Alors usons et abusons de leurs talents, c’est pour elle et pour nous une question de survie.

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5 min
"De rose ne reste que l'épine" par Isabelle Huppert (Madame Deshoulières)
Présenté par Martineau Patrice
Avec le disque « Madame Deshoulières » Jean-Louis Murat nous plonge au XVIIème siècle, au temps des Précieuses : une poésie d’une invention et d’une liberté étonnantes. En offrant à Isabelle Huppert l’interprétation, Murat cherche à incarner avec grâce, le charme et l’intelligence immenses de Madame Deshoulières que notre siècle a oubliée et qui fut un des plus beaux esprits de son temps.
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5 min
"Ulysse" par Ridan (Joachim du Bellay)
Présenté par Patrice Martineau
Joachim Du Bellay est un poète français de la Renaissance né en 1522 à Liré, en Anjou. Dans « Les Regrets », un recueil alternant l'élégie, la satire et l'éloge, écrit pendant un exil de quatre années à Rome, il parle de sa nostalgie de la France et de ses doutes et de ses aspirations. Pendant cet exil où il accompagne un parent à la Cour du Pape, du Bellay ressent le mal du pays.
Mais ce que peu savent, c'est qu'il y a une suite qu’on appelle une palinodie c'est-à-dire un poème où le poète révoque ce qu'il a écrit plus tôt.
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5 min
"Madame à minuit" par Jacques Bertin (Luc Bérimont)
Présenté par Patrice Martineau
Il vous est certainement arrivé – tout comme moi – de tomber sous le charme d’une chanson. De vous laisser subjuguer autant par les mots que par la musique. De la réécouter, encore et encore, comme s’il s’agissait d’une quelconque potion magique pour l’âme, dont on recherche obstinément les vertus thérapeutiques. « Madame à minuit » appartient à cette catégorie. Les paroles de cette chanson « au regard triste », sur une musique de Léo Ferré ont été écrites par Luc Bérimont, poète, écrivain, homme de radio et créateur de la Fine Fleur de la chanson française.
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5 min
"L’orgue des amoureux" par Renée Lebas (Francis Carco)
Comme jadis François Villon, Carco battit le pavé de Paris. Il passa ses nuits dans les bals de la rue de Lappe, dans les bastringues de la Bastoche en compagnie des Apaches, des jeunes ouvrières, au son de l’accordéon. Mais ce n’est qu’en 1953, à l’âge de 67 ans qu’il paraît au grand jour comme auteur
de chansons grâce au disque « Bonjour Paris ! » de son amie la chanteuse Renée Lebas. L’interprète tenait à cœur depuis longtemps d’enregistrer les chansons de son ami poète.
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5 min
"La Chabraque" par Pia Colombo (Marcel Aymé)
« La Chabraque » est un texte de Marcel Aymé, mis en musique par Guy Béart pour Zizi Jeanmaire. Cette chanson a été écrite comme intermède dans la Comédie Musicale « Patron » et a finalement fait son chemin en dehors de son contexte grâce aux interprétations de Béart, Pia Colombo, ou Line
Renaud. Mais qu’est-ce qu’on appelle une chabraque ? C’est tout simplement une femme sinon de mœurs légère à la gouaille colorée ou une garce et tout au moins une femme désagréable, râleuse, excentrique ou déséquilibrée.
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5 min
"Le rock de Nerval" par Bevinda (Gérard de Nerval)
Nous sommes en 1838, les 2 compères et amis que sont Nerval et Dumas décident de lancer un opéra-comique intitulé « Piquillo ». C’est le premier essai de Dumas dans le genre lyrique, opéra-comique en 3 actes. Gérard de Nerval foisonnait de projets dramatiques, du mélodrame au mystère, en passant par le drame ou la comédie dont bien peu virent le jour. « Piquillo » est une sorte de pantalonnade de boulevard mise en musique avec des portes qui claquent.
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5 min
"La servante au grand coeur" par Véra Cirkovic (Charles Baudelaire)
Léo Ferré, parallèlement à ses propres textes, toute sa vie chantera les poètes. Mais en 1957, pour la 1ère fois, c’est tout un disque de chansons qui est entièrement consacré à un poète : « Les Fleurs du mal » de Baudelaire. Même si ce disque fut accueilli avec tiédeur par la maison de disque et les critiques, cela n’empêchera pas Aragon d’écrire « À cause de Léo Ferré, il faudra réécrire l’histoire littéraire un peu différemment ». Voici « La servante au grand cœur » dans une interprétation exceptionnelle de la chanteuse franco-yougoslave Véra Cirkovic.
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5 min
"Filles de Jerusalem" par Hélène Martin (Cantique des Cantiques)
Après 70 ans de bons et loyaux services comme porte-voix de la poésie, Hélène Martin, auteur-compositeur-interprète, s’en est allée. Depuis ses débuts dans les cabarets de la rive gauche, elle avait consacré toute sa vie et son art à la poésie et en particulier aux poètes du 20ème siècle : Aragon, Bérimont, Char, Genet, Neruda, Artaud, Guillevic, Audiberti et tant d’autres connus ou inconnus…Digne, exigeante, sans concession, Hélène Martin, toute sa vie, a contribué à maintenir le flambeau de la poésie chantée, dans un style sobre et presque austère !
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5 min
"Brise marine" par Serge Lama (Stéphane Mallarmé)
Brise Marine est un poème paru en 1865 dans Le Parnasse contemporain l’une des innombrables revues consacrées à la poésie, car la pensée au 19ème siècle est un art poétique. Il commence par le vers célèbre : « La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres ». Mallarmé y exprime un dégoût du présent insupportable et une volonté irrésistible de partir découvrir un horizon lointain, l’appel du large autant que ce qui le retient, sa peur du naufrage.
Mais est-ce un voyage réel ou la métaphore de l'aventure poétique ou encore un voyage spirituel qui pourrait servir au poète de source d'inspiration ? Sa peur du naufrage ne serait-elle pas l’angoisse de l'échec ?
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5 min
"Sanguine, joli fruit" par Claude Nougaro (Jacques Prévert)
Parce que Jacques Canetti fût le premier à enregistrer des disques composés uniquement de chansons de Prévert, sa fille Françoise a rassemblé dans ce coffret de véritables pépites qui révèlent un Prévert incroyablement actuel. Soit un coffret de 45 chansons incontournables de Prévert, chantées par les plus grands interprètes : Yves Montand, Edith Piaf, Juliette Gréco, Les Frères Jacques, Catherine Sauvage, Cora Vaucaire, Mouloudji, Jean Guidoni, Magali Noel, Marlène Dietrich… la plupart enregistrés par Jacques Canetti.
Et parmi ces pépites il y a "Sanguine, joli fruit" interprétée par Claude Nougaro en 1974 dans son album « Récréation » avec en intro un sonnet signé du chanteur.
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"Ô triste, triste était mon âme" par Eric Lareine (Paul Verlaine)
Ce poème est extrait de « Romances sans paroles ». Il traduit avec une écriture incroyable de haute précision la douleur d’un amour fini et l’infinie tristesse qui s’en dégage. Une musique de Léo Ferré, un arrangement du pianiste de jazz inclassable Denis Badault, et l’interprétation d’un chanteur de rock déroutant Eric Lareine, tous les ingrédients pour faire de ce sentiment une tristesse aux limites du supportable. Une tristesse comme un sable mouvant qui aspire vers les profondeurs jusqu’à l’âme.
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"Le dormeur du val" par Gérard Delahaye (Arthur Rimbaud)
« Le Dormeur du Val », est le plus connu des poèmes d’Arthur Rimbaud sous la forme du sonnet classique, en alexandrin, rimé régulièrement. Nul ne sait qui est réellement ce dormeur. Un déserteur exécuté ? Un soldat grièvement blessé, venu mourir dans ce lieu idyllique d’une nature bienfaisante et harmonieuse faite d'eau, de soleil et de végétation ?
Ce poème a été chanté par Reggiani, Montand, Jean-Louis Aubert et bien d’autres. Voici la version qu’en fit Gérard Delahaye.
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"Si je mourais là-bas" par Arapà (Guillaume Apollinaire)
Pour le centenaire de la bataille de Verdun en 2018, le groupe corse Arapà avait signé un disque puissant et émouvant : In Mémoriam 1914-1918.
L’originalité de ce disque réside dans ce mélange réussi de chants corses, de nouvelles versions de chansons connues comme « La chanson de Craonne » et de poèmes sur le sujet comme « Tu n’en reviendras pas » d’Aragon mis en musique par Ferré ou « Si je mourais là-bas » d’Apollinaire, mis en musique par Ferrat.
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"Puisque" par Gérard Berliner (Victor Hugo)
Gérard Berliner aime Hugo, et nous le fait aimer en brisant nos résistances et nous attirant sur le terrain de son goût pour l’humanité. Il désamorce les pompes et les tendances à l’emphase hugoliennes par l’humour. Berliner conte et chante et redonne de la voix à ce ténor du 19ème siècle. Et en ce sens il éclaire mieux que tous les spécialistes du maître. Cette œuvre est le travail toujours tendre, humble et instructif d’un passeur de mots et d’idées nommé Gérard Berliner.
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"La mort des amants" par Carla Bruni (Charles Baudelaire)
« La mort des amants » est sans doute un poème d’amour des plus bouleversants. A la fois très sobre, plein de retenue, et néanmoins rempli de passion, de ferveur. Comme quelque chose du baiser de Rodin ou d’un joyau intemporel du romantisme universel. Voici ce qu’en dit Carla Bruni après l’avoir enregistré : "J'aime infiniment ce poème qui, en son temps, avait d'ailleurs été merveilleusement adapté par Léo Ferré. J'avais très envie de le chanter à mon tour avec ce que j’étais."
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"Papier buvard" par Juliette (Robert Desnos)
Comment oublier la douceur et les plaisirs de l'enfance ? « Papier buvard », est un poème de Robert Desnos, extrait du recueil « Les voix intérieures ».
C’est l’histoire d'une petite fille qui grandit, et qui ne perd rien de son dynamisme d'enfant. C’est le récit d'une vie à travers le regard de celle qui savoure l'instant présent, avec l'innocence de la petite fille qu'elle garde en elle, jusqu'à son dernier souffle de bonheur...Le texte a trouvé aussi sa place dans le répertoire de Juliette qui a su laisser la petite fille qui sommeillait en elle s’emparer de ce « Papier buvard ».
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"Soleil couchant" par Jean-Michel Piton (Jean Richepin)
"Ce livre est non seulement un mauvais livre, mais encore une mauvaise action." Venue aux oreilles du ministère public, cette assertion d'un critique anonyme parue en 1876 dans le journal Le Charivari à propos de "La Chanson des Gueux", valut à Richepin, outre la censure, 30 jours de prison et 500 francs d'amende pour outrage aux bonnes mœurs. Au poète qui parle des "gueux", de leurs misères, de leurs souffrances, on reproche surtout de faire l'apologie de la crapule, de la paresse, de l'ivrognerie, et du proxénétisme, et donc de faire de la bien mauvaise littérature.
Extrait de cette œuvre, "Soleil couchant" par Jean Michel Piton extrait d’un disque de référence sur Richepin « De l’hiver à l’hiver »
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"Chant de reconnaissance de la fiancée de Jésus" par Sr Anne-Elisabeth Bordeau
Au Carmel, toute fête était prétexte à écrire quelques sonnets ou autres poésies en vers, pour célébrer qui la prieure qui le jubilé d'une des sœurs, qui Noël ou tout autre fête. Thérèse commence par écrire des poésies à la demande de ses consœurs, mais elle découvre vite qu'il y a là un moyen d'expression des élans de son cœur plus puissant que la prose.
Nous sommes le 5 février 1895 et Thérèse compose ici, à l'occasion de la prise d'habit de sa sœur Céline dont le nom de religieuse est sœur Geneviève, 5 mois après son entrée, ce poème pour lui ouvrir un nouvel horizon : « Chant de reconnaissance de la fiancée de Jésus » ici mis en musique et interprété par Sœur Anne-Elisabeth Bordeau.
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"Mignonne allons voir si la rose" par le duo Mignarda (Pierre de Ronsard)
"Mignonne, allons voir si la rose" est l'un des poèmes les plus célèbres de Pierre de Ronsard, écrit à 20 ans en juillet 1545. Cette ode, inspirée du poète latin Ausone, est composée après la rencontre du poète avec Cassandre Salviati, la fille d'un banquier italien. Ce poème évoque la jeunesse qui passe comme le temps d'une fleur. Cette méditation sur la vieillesse et la mort est un thème récurrent dans la littérature tant religieuse que profane de cette époque. La musique a été écrite un an plus tard en 1546 par Jehan Chardavoine.
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"La cinquième saison" par Môrice Bénin (René Guy Cadou)
René Guy Cadou est un “ami venu de la parole” comme le sont également les poètes qu’il a aimés, ces “compagnons de la première heure”, qui forment avec lui un beau faisceau de voix franches et fraternelles. On le lit, on le parle, on le chante naturellement parce que la générosité de son élan
coule de source. Nous écoutons Môrice Bénin, le chanteur de l’écologie de l’âme, qui vient de nous quitter, et qui mieux que quiconque a su porter les mots de Cadou
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"Plein ciel" par Martine Caplanne (Jules Supervielle)
Supervielle était un artiste particulièrement sensible. Orphelin à l'âge de 8 mois, il grandit en Uruguay puis en France où il dévora les ouvrages de poètes. Voyageur dans l'âme et amoureux de l'Amérique Latine, il se passionna pour les langues. Entre l’Uruguay et la France il chercha, tout au long de sa vie, à établir un dialogue littéraire et profondément humain avec ses parents, trop tôt disparus. « Il est deux êtres chers, deux êtres que j'adore, Mais je ne les ai jamais vus, Je les cherchais longtemps et je les cherche encore. Ils ne sont plus... Ils ne sont plus... » Il cherchait dans la Nature la présence de sa mère. Il aimait explorer les paysages.
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