Epistolaire : un genre cinématographique spécifique

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La chronique Cinéma

mercredi 14 avril à 8h52

Durée émission : 3 min

Epistolaire : un genre cinématographique spécifique

© DR

Valérie de Marnhac revient sur un genre cinématographique, le film "épistolaire", dans lequel le scénario se construit autour de l'échange de lettres.

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"Epistolaire" c’est le mot choisi par la plateforme La Cinetek, comme thème du mois, pour nous proposer leur sélection de films. Des films construits autour de l’échange de lettres, il y en a beaucoup : on peut citer "Les Liaisons dangereuses" de Stephen Frears , "Bright Star" de Jane Campion, ou le moins connu mais hypnotique "Crosswind – La Croisée des vents" du jeune estonien Martti Helde.

Le choix était donc cornélien et forcément arbitraire. Mais celui de La Cinetek nous donne envie d’en revoir beaucoup, à commencer par l’incontournable "Cyrano de Bergerac".

Si on devait retenir un cinéaste de l’écriture, ce serait évidemment François Truffaut. On trouve ici tout naturellement "Les Deux anglaises et le continent" avec ses échanges de lettres brûlantes entre le jeune Claude et Muriel. Mais ça aurait pu être aussi bien "L’Histoire d’Adèle H." où Isabelle Adjani attend fébrilement les lettres de son père, Victor Hugo ; ou bien Jeanne Moreau dans "Jules et Jim", quand ses deux amis/amants partent à la guerre. 

Le film "Central do Brasil" de Walter Salles, Ours d’or et Prix du Jury œcuménique à Berlin en 1998, fait de l'écriture un élément essentiel de son scénario. Un formidable road-movie dans le Nord-Este brésilien. L’histoire de Dora, une institutrice à la retraite, qui est devenue écrivain public. Elle propose sa plume aux passants illettrés de la gare centrale de Rio. Et recueille leurs confessions destinées à leurs proches. C’est comme ça qu’elle fait la connaissance d’Ana et de son fils Josue, qui veut retrouver son père. Et quand Ana meurt dans un accident de circulation, Dora recueille le jeune Josue et part avec lui sur les routes, direction le Sertao.

Dora au départ est une femme seule et cynique, qui a perdu confiance en la vie. Et au fur et à mesure où elle s’éloigne de la ville, les paysages, les décors retrouvent des couleurs, et Dora se remet à espérer. La foule anonyme de Rio devient alors une foule vivante d’un grand rassemblement à la Vierge. Et Dora reprend sa feuille et son stylo, pour Josue et pour les pèlerins.

La lettre devient alors le lieu de la relation à l’autre, elle s’affranchit du temps et de l’espace et elle donne vie aux êtres absents. Et comme dans le hors-champ au cinéma, elle fait exister l’invisible.

Tous ces films sont à retrouver sur le site de La Cinetek, en location ou en vous abonnant à la sélection du mois. 

Chronique réalisée en partenariat avec SIGNIS Cinéma.

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr