Hommage à Michael Lonsdale

Présentée par PR-23376

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La chronique Cinéma

mercredi 23 septembre à 8h52

Durée émission : 3 min

Hommage à Michael Lonsdale

© DR

Grand acteur, aux rôles éclectiques qu'il incarnait avec profondeur, Michael Lonsdale est mort lundi, laissant orphelins les amoureux du 7ème art.

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On a appris avec tristesse lundi le décès de Michael Lonsdale qui fait partie de ces acteurs dont on se dit qu’ils seront toujours là tellement ils occupent une place à part.  Et j’avais envie de revenir sur ses films, car même s’il confiait que sa maison c’était le théâtre, il a quand même joué dans près de 140 longs métrages ! Ce qu’on retient de lui avant tout, c’est l’homme, cette stature impressionnante qui contrastait avec sa voix un peu chantante, montant dans les aigues ; son regard très doux aussi, caché sous des sourcils épais un peu mystérieux ; et puis cette démarche lente et voutée depuis quelques années maintenant, qui lui donnait une fragilité très émouvante.

Je l’ai revu pour la dernière fois au théâtre, lire des poèmes de Charles Péguy. Mais avant cela, on l’avait découvert dans des registres aussi variés que de la comédie, des films d’auteurs ou même de James Bond ! On se souvient de lui comme le méchant exterminateur dans Moonracker. Il a aussi été dirigé par des réalisateurs bien différents, comme François Truffaut, Jean Pierre Mocky, Orson Welles. Mais avant tout Michael Lonsdale, c’est le vice-consul de Lahore, dans India Song de Marguerite Duras, quand il danse avec la sublime Delphine Seyrig, accompagnés de leurs deux voix hors-champ et désynchronisées.

Plus récemment, il a été metteur en scène, dans un pastiche à peine masqué d’Eric Rohmer, pour le film Maestro de Léa Fazer, qui est une merveille de finesse et d’intelligence, sur l’apprentissage de l’amour au cinéma. Et puis évidemment, autre rôle majeur, le bouleversant frère Luc dans le film de Xavier Beauvois, des hommes et des dieux, le rôle qui lui valut un César. Peut-être parce que jamais il ne s’était senti aussi proche de son personnage, celui qui confiait avant de mourir « je ne crains pas la mort, je suis un homme libre »

Michael Lonsdale l'a déclaré souvent dans ses interviews, il avait une foi profonde puisée dans son histoire personnelle.  Né d’une mère française et d’un père anglican, il a demandé le baptême à 22 ans puis il a connu plusieurs révélations, dont il témoignait volontiers dans les médias, avec beaucoup d’espérance. Ce qui ne l’a pas empêché de jouer des rôles de prêtres ou de religieux, très iconoclastes parfois. Sans aller jusqu’au sulfureux Luis Bunuel, on se souvient de son rôle de père confesseur dans Le souffle au coeur de Louis Malle, avec une scène de caresses plus qu’ambiguës. Mais dans les dernières années de sa vie, il a privilégié des rôles empreints de sagesse et de beaucoup d’humanité
 
 
 

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr