"Un mauvais fils" de Claude Sautet : "une vie dure mais bonne en gros" pour Truffaut

Présentée par PR-20588

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La chronique Cinéma

mercredi 29 avril à 8h52

Durée émission : 3 min

"Un mauvais fils" de Claude Sautet : "une vie dure mais bonne en gros" pour Truffaut

© Allociné

Aujourd'hui, Valérie de Marnhac nous propose un film programmé lundi prochain sur Arte : "Un mauvais fils" de Claude Sautet, avec Patrick Dewaere et Yves Robert.

C’est une œuvre un peu à part dans la filmographie de Claude Sautet mais son compositeur musical fidèle, Philippe Sarde, dira pourtant que c’est le plus autobiographique.
On connait bien le réalisateur pour ses portraits de la société française plutôt bourgeoise et citadine des années 1970. Des films où on est médecin, chef d’entreprise, architecte, artiste parfois. Des films où on se donne rv dans des cafés, où dehors il pleut sur Paris, et où derrière les vitres, on s’aime, on se quitte, on rit et on fume ! Dans « Un Mauvais fils », changement de décor. Le film se passe dans un milieu ouvrier. Le fils Bruno, c’est Patrick Dewaere, tel qu’on le connaît, l’émotion à fleur de peau et fébrile. Il rentre des Etats-Unis où il a fait de la prison. Son père, joué par Yves Robert, est un homme renfermé, taciturne, mal à l’aise avec les mots et avec ce fils auquel il reproche la mort de sa femme. Le contexte est moins léger que d'habitude chez le cinéaste, mais Sautet a toujours ce talent incroyable de nous faire aimer la vie. François Truffaut disait de lui que dans ses films « la vie y était dure dans les détails mais bonne en gros».

Et « Un mauvais fils », c’est ça ! Derrière ces retrouvailles impossibles, ces occasions ratées, les sentiments sont quand même là. Et l’amour va germer au bord du chemin pour Bruno, grâce à un personnage iconoclaste, un libraire joué par Jacques Dufilho, qui saura redonner à Bruno sa dignité d’homme. Claude Sautet fut un orfèvre du 7eme art, il sait manier le rythme, les non-dits et les regards. C’est un cinéaste profondément humaniste, très humble et discret, et qui dira à la fin de sa vie « avec mes films, je me suis petit à petit rapproché de moi-même».

 

UNE SALLE DE CINEMA VIRTUELLE

Je voulais aussi vous parler d'un documentaire qui sort, avec un dispositif particulièrement innovant. En ces temps de confinement, il y a de belles innovations qui émergent, dont celle de la première « salle de cinéma virtuelle ». Vous pouvez y accéder par internet, sur le site 25eheure.com et vous pouvez choisir votre film et votre séance géolocalisée . Certaines sont même suivies d’un ciné-débat auquel vous pouvez participer en direct. Et dès ce soir, je vous recommande le documentaire inédit de Lucie Viver, Sankara n'est pas mort. Un très beau voyage poétique le long de la voie ferrée qui traverse le Burkina Faso aujourd’hui.

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr