Détruire la nature, forcer le corps de l'autre... le pouvoir en question

Présentée par UA-110802

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Contemplation

vendredi 21 février à 17h28

Durée émission : 2 min

Détruire la nature, forcer le corps de l'autre... le pouvoir en question

© Shreyas Malavalli / Unsplash

Quand le pouvoir nous aveugle et nous fait croire que nous pouvons tout aussi bien posséder le corps de l'autre qu'exploiter la terre, la dominer, la forcer... Par François Mandil.

"CONTEMPLATION", UNE CHRONIQUE À RETROUVER DANS L'ÉMISSION "COMMUNE PLANÈTE" - Commune Planète, c'est la nouvelle émission d'écologie sur RCF. Un rendez-vous hebdomadaire proposé par Anne Kerléo à découvrir dès ce vendredi 10 janvier 2020.
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Poser un regard optimiste sur les révélations d'abus sexuels

Si ces scandales éclatent les uns après les autres, dans l’Église, dans le cinéma, dans le sport… c’est parce que notre monde ne les tolère plus. Ce n’est pas parce qu’ils n’existaient pas avant, bien au contraire, mais parce qu’avant, on les supportait, on les minimisait. On nous expliquait que tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Aujourd’hui, on commence enfin à ne plus considérer comme anecdotiques les comportements oppressifs des hommes que les mouvements féministes pointent et dénoncent depuis des années. On prend au sérieux les victimes de pédocriminalité.

Quel est le point commun entre l’affaire Preynat ou des entraîneurs qui violent leurs championnes, et le harcèlement de rue ou les affaires Weinstein et Polanski ? Ces crimes ont tous pour moteur non pas des questions d’ordre sexuel, mais un rapport pervers au pouvoir et à la domination. Les violences sexuelles, pédocriminelles, machistes, sont d’abord une façon d’imposer un pouvoir par la force.

Le chemin est encore long, très long, mais franchement quand on regarde 10 ou 20 ans en arrière, on réalise le chemin parcouru et donc, oui, malgré l’horreur de ce que nous découvrons, nous pouvons être optimistes. Ce n’est pas un combat contre les hommes ou même contre la virilité, c’est un combat contre la violence et contre la force comme outil d’exercice du pouvoir.
 

LE LIEN ENTRE éCOLOGIE ET FéMINISME

C’est ce que défendent les "écoféministes". C’est cette même logique, cette façon de vouloir dominer, contrôler, forcer, cette démesure qui nous fait nous comporter comme des apprentis sorciers avec la terre. Nous croyons pouvoir sans conséquence arracher les haies, détruire les sols, détourner les fleuves. Nous voulons défier la nature, la contrôler, la façonner à notre image afin de ressentir encore plus qu’elle est "nôtre". De la même façon, les agresseurs veulent contrôler les corps des femmes ou des enfants. C’est ce qu’explique d’ailleurs aussi le père Jean-Luc Souveton, une victime de la pédocriminilité.
 

Repenser notre rapport au pouvoir

Tout cela doit nous amener à repenser notre rapport au pouvoir, à retrouver l’humilité, à ériger la faiblesse en vertu et non plus la force. Le pouvoir corrompt, nous devons apprendre à mieux le partager, à l’exercer collectivement, à savoir également le rendre. Nous devons être très vigilants à notre égard, quand des responsabilités nous sont confiées, mais aussi à l’égard des autres. Nous devons nous retenir d’ériger des idoles. Le pouvoir peut transformer même le plus doux d’entre nous en prédateur insoupçonné. Ces héros et héroïnes qui restent des décennies à la tête d’institutions vénérables sont en danger et nous ne les aidons pas en les adulant.

Notre façon d’exercer le pouvoir dit quelque chose de notre rapport à notre environnement, qu’il soit naturel ou humain. Nous sommes toutes et tous une partie de la nature, ce n'est pas quelque chose d'extérieur à nous qu'il faudrait dompter, voire détruire, mais il faut au contraire en prendre soin. C’est le slogan des écoféministes : "Nous sommes la nature qui se défend".

 

 

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L'émission

Tous les vendredis à 17h28

"Contemplation" : parce qu’on a envie de protéger ce qui est beau, quatre chroniqueurs se relaient pour livrer leur regard contemplatif sur la nature, sur l’homme, sur les relations des hommes avec la nature et entre eux. Ils proposent en alternance un billet ancré dans leur expérience personnelle de contemplation du monde. - Christine Simon, auteure du livre "Par les rues - Vagabondages à Lille" (éd. L'Harmattan, 2016) et du blog Par rues et par vies - François Mandil, écologiste, auteur du blog Les racines du Ciel - Éric de Kermel, directeur de la rédaction de Terre sauvage et écrivain - Sœur Anne, moniale cistercienne de l'abbaye Sainte-Marie de Boulaur "Contemplation" est une chronique de l'émission Commune Planète, l'émission de RCF sur l'écologie

Le présentateur

François Mandil

François Mandil est le délégué national Communication et Relations extérieures des Scouts et Guides de France.