Ecole: pourquoi ça va si mal

Présentée par

S'abonner à l'émission

Le Temps de le dire

mardi 30 août 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© Corinne SIMON/CIRIC - 2 juin 2015 : Classe de CM1 de l'établissement Sainte-Thérèse. Rambouillet (78), France.

En cette période de rentrée scolaire, un triste constat est partagé: l'école de la République va mal. Pourquoi est-il si difficile de réenchanter l'école? On en parle avec Stéphanie Gallet.

Ce jeudi 1er septembre, 12 millions d'élèves entrent en classe pour retrouver les bancs d'une école... qui ne va pas très bien. Ils sont chaque année 20% d'une classe d'âge à arriver à la fin du cursus sans maîtriser le bagage essentiel. En première ligne pour encaisser les échecs scolaires: les enseignants, boucs-émissaires des impasses d'une institution. Quant aux parents, ils voient avec inquiétude la marée montante du chômage toucher même les jeunes diplômés.
 

L'école va-t-elle si mal?

Le diagnostic peut en tout cas être "mitigé", pour Bernard Hugonnier, qui avance des chiffres. La dernière enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves, mené par l'OCDE) classait en 2013 notre pays - la cinquième puissance économique du monde - au 20è rang des 34 pays les plus développés du monde. Cette même étude a attribué à notre système scolaire français la note de 10/20. Nos élites aussi sont en train de perdre en compétitivité. "Plus grave encore", 22% de jeunes se trouvent en très grande difficulté dès 15 ans.
 

égalité des chances: La France mauvaise élève

La France, pays de l'Ecole républicaine et de l'égalité des chances, est aussi celui où l'école compense "le moins" les inégalités sociales, sur les 65 pays où porte l'enquête. Ce point-là est "sans doute le plus grave", selon Bernard Hugonnier.

Un constat alarmant, dur, que partage Marc Vannesson: "Les 10% d'élèves les plus faibles en maths en France ont le même niveau que les 10% d'élèves les plus faibles au Mexique." Certes le constat est très dur au regard des chiffres, il y a aussi "beaucoup de raisons d'espérer", quand on regarde de près les initiatives qui sont prises, selon le délégué général de Vers le Haut.
 

L'école publique est "en faillite", pour Bernard Hugonnier

 

L'école en "faillite" / l'école qui espère

Pour Bernard Hugonnier, il est de temps de se demander si l'école publique n'a pas atteint ses limites, il parle même de "faillite". Pour Marc Vannesson, le système a beau accuser un certain nombre de défaillances, on peut espérer en une école publique qui fait "davantage confiance aux acteurs de terrains, aux chefs d'établissements, aux enseignants pour adapter leur enseignement aux besoins des élèves". C'est aussi ce que Françoise Maine souhaite pour l'école publique: "Elle gagnerait à avoir davantage de souplesse et de marges de liberté."

Quant à l'école privée - qui, contrairement à ce que beaucoup croient, fait partie de l'école de la République - elle est "dans une forme d'espérance", admet Françoise Maine. "Au Secrétariat général de l'Enseignement catholique, notre travail c'est d'essayer d'amener une démarche positive par rapport au contexte difficile." Le programme "Réenchanter l'école" a ainsi été lancé il y a un an, à la rentrée 2015.
 

Invités

  • Françoise Maine , responsable nationale du développement de la culture numérique au Secrétariat général de l'Enseignement catholique

  • Marc Vannesson , délégué général du think tank "Vers le Haut"

  • Bernard Hugonnier , professeur à l'Institut catholique de Paris, maître de conférences à Sciences Po, ancien directeur adjoint pour l'éducation à l'OCDE, co-responsable du séminaire École et République du Collège des Bernardins

Les dernières émissions

L'émission

Tous les jours du lundi au vendredi, à partir du lundi 4 septembre 2017

La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.