ÉLECTIONS 2017 | Les grands dossiers en débat

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Famille, éducation, travail, modèle social... Qu'attendons-nous de notre futur président? À l'approche des élections présidentielles, le point sur les grands dossiers qui font débat en France.

 

ÉLECTIONS 2017 | Écologie, les candidats ont-ils pris la mesure du défi?

ÉLECTIONS 2017 | Écologie, les candidats ont-ils pris la mesure du défi?

Conversion écologique = vivier d'emplois. L'a-t-on assez dit durant la campagne? Au-delà du catastrophisme, l'écologie constitue un discours fédérateur, créateur de lien social.

Les candidats ont-ils pris la mesure des défis qui attendent là planète ces prochaines années? Au cours de la campagne, selon Hervé Kempf "la question écologique a été finalement posée, très paradoxalement en l'absence de candidat écologiste". Absence que souligne Floran Augagneur: "De manière systématique, dans toutes les élections présidentielles le discours écologique ne passe pas." Du côté de France Nature Environnement, on est déçus. Après la prise de conscience opérée par la COP21 et l'accord de Paris, "l'environnement n'a pas vraiment existé dans cette campagne", estime Jean-Baptiste Poncelet.

 

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"Annoncer la catastrophe ne suffit pas, il faut remettre de l'enthousiasme, susciter des passions, avoir des projets"

 

écologie, pour agir il faut donner envie

Révolution énergétique, préservation de la biodiversité et des écosystèmes, inquiétudes autour de l’alimentation, pollution de l’air... Autant de sujets qui concernent de près tous les Français, et qui sont susceptibles d'influencer les grands équilibres du monde. Pour autant, sait-on mobiliser sur l'écologie en France?

"Annoncer la catastrophe ne suffit pas, selon Floran Augagneur, il faut remettre de l'enthousiasme, susciter des passions, avoir des projets, donner envie tout simplement!" Le philosophe des sciences, conseiller de la Fondation Nicolas-Hulot, a participé à la rédaction de l'ouvrage "Le souci de la nature" (éd. CNRS), un ouvrage qui interroge notre rapport à la nature et la façon dont on s'approprie, ou pas, le discours sur la préservation de l'environnement. Discours qui "a évolué", explique Floran Augagneur: "Avant on s'intéressait aux freins, maintenant aux moteurs du changement."
 

"Les écologistes sont ceux qui savent que la situation est grave. Ils savent aussi qu'il y a des solutions"

 

la conversion écologique, des solutions pour l'emploi

COP 21, publication de "Laudato Si'", Assises chrétiennes de l'écologie... L'année 2015 aura été riche en réflexions, échanges, débats, prises de consciences. Et après le discours, l'action. Pour Hervé Kempf, auteur de "Tout est prêt pour que tout empire" (éd. Seuil), l'heure est aux solutions. Parce que "les écologistes sont ceux qui savent que la situation est grave", estime le rédacteur en chef de Reporterre, ils sont en première ligne pour agir. "Ils savent aussi qu'il y a des solutions, et que si on prend la mesure de cette gravité, on mobilise les énergies pour y faire face, y trouver des solutions."

Le combat écologique a de nombreuses vertus, dont celle de recréer du lien social et de fédérer autour de la recherche de solutions. "Une opportunité de changement formidable" pour Jean-Baptiste Poncelet. Et pour qu'elle soit suivie d'effets, France Nature Environnement (FNE) publie "S'engager pour un monde meilleur" (éd. Flammarion). À l'occcasion de l'élection présidentielle, une synthèse des propositions que portent les 3.500 associations de protections de la nature en France. Vers la création "d'emplois durables, soutenables, non délocalisables".

 

ÉLECTIONS 2017 | Avec un handicap, être acteur de la vie publique

ÉLECTIONS 2017 | Avec un handicap, être acteur de la vie publique

Être acteur de la vie publique quand on est porteur d'un handicap c'est possible. Et ce n'est pas qu'une question d'accessibilité. On en parle avec Stéphanie Gallet.

La loi reconnaît à tous le droit d'intervenir et de peser dans la vie de la cité. Pourtant, ce dimanche, vous observerez un instant le bureau de vote où vous êtes inscrit. Et vous vous demanderez comment ça se passerait si vous étiez en fauteuil, aveugle ou mal-entendant. Quelle présentation des programmes et des candidats pour les personnes déficientes intellectuelles? Handicap et citoyenneté, il est temps d'en parler. À quelques jours du premier tour des élections, le magazine Ombres et Lumière consacre un dossier à la citoyenneté: "Handicap et citoyenneté. Acteurs de la vie publique".
 

La citoyenneté des personnes handicapées ce n'est pas seulement l'accessibilité

 

le handicap dans les programmes

Quel candidat met en avant dans son équipe des personnes avec un handicap? Quels sont ceux qui veulent donner la parole aux personnes handicapées? Ombres et Lumière a recensé les propositions de cinq candidats: Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen. Entre l'accesssibilité, l'augmentation de l'Allocation adulte handicapé (AAH) ou le renforcement de l'alternance pour les travailleurs handicapés, les propositions sont là. Mais ils n'est pas fait mention de la citoyenneté des personnes handicapées.

Or, parler citoyenneté et handicap ce n'est pas seulement aborder la question de l'accessibilité. Comment rendre cette citoyenneté effective? La journaliste Florence Chatel, qui a réalisé le dossier d'Ombres et lumière consacré à la citoyenneté, explique: "Très souvent les personnes handicapées on les aide, on vient s'occuper d'elles, mais comment on leur demande leur part?"
 

"Aujourd'hui, il y a 350.000 personnes déficientes intellectuelles qui peuvent prétendre aller voter"

 

être citoyen, avec ou sans handicap

"Les personnes déficientes intellectuelles souhaitent agir avec nous et parmi nous", souligne Coryne Husse. Elle est vice-présidente de l'Unapei, une fédération de 550 associations, qui vient en aide à 60.000 familles et compte 3.200 établissements et services. Souvent "ce qui empêche d'aller voter c'est la peur de l'isoloir et un manque d'information", explique Florence Chatel. Pour d'autres, il va falloir que les familles ou les professionnels de proximité expliquent les programmes pour que le vote soit "au maximum un vote éclairé", nous dit Coryne Husse.

"Aujourd'hui, il y a 350.000 personnes déficientes intellectuelles qui peuvent prétendre aller voter, mais elles n'iront pas toutes, observe Coryne Husse, parce que voter c'est un engagement citoyen." Et que l'engagement citoyen ça s'apprend notamment à l'école.

 

 

Du handicap à l'engagement

Sylvain Nivard, le maire de Méry-sur-Cher, est passé de l'engagement associatif à l'engagement politique. Porteur d'un handicap puisqu'il est aveugle, il a reçu au long de ses études l'aide du GIAA (Groupement des intellectuels aveugles ou amblyopes). "Ils ont été formidables pour m'enregistrer les supports de cours sur cassettes", se souvient-il. C'est donc "naturellement" qu'il y est lui-même devenu militant. "L'engagement associatif permet de trouver sa place", exlique-t-il.
 

ÉLECTIONS 2017 | Faire vivre notre modèle social au XXIè siècle

Le temps de le dire

Assurer la protection de tous en cas de chômage, de maladie ou au moment de la retraite: le rêve français peut-il perdurer face au chômage de masse et aux bouleversements du travail?

Notre modèle social a-t-il encore de l'avenir? En France, les salariés sont assurés contre les risques de la vie - santé, chômage, retraite. "Un rêve français, selon Jean-Baptiste de Foucauld, qui a été une réalité en progression constante pendant les Trente Glorieuses." Aujourd'hui, pour beaucoup il est en crise. À l'occasion des élections présidentielles, que peut-on souhaiter pour ce modèle social? "Pourra-t-il être préservé face aux mutations du travail et aux mutations plus générales de la société et de l'économie?" C'est là toute la question que formule Martin Richer.
  

SPÉCIAL ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Dans Le Temps De Le Dire, Stéphanie Gallet vous propose une série d’émissions sur les grands thèmes qui concernent les Français. Aujourd'hui, après le thème du travail et de la lutte contre le chômage, l'identité française, et l'école, notre modèle social.

 

cohésion sociale et protection des individus

Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, porté par le Conseil national de la Résistance (CNR), le modèle social français s’appuie sur un État-providence et le principe de solidarité collective. Un système d’impôts et de cotisations pour adoucir les chocs de la vie de chacun des Français. Un véritable engagement collectif pour assurer l'égalité des chances et la protection de chacun. C'est justement là, rappelle Martin Richer, que réside la "difficulté": notre modèle doit garantir à la fois la cohésion de la société et la protection des individus.

 



 

"Notre modèle social, c'est notre bien commun"

 

Notre modèle social peut-il perdurer?

"Notre modèle social, selon Martin Richer, c'est notre bien commun: comment le fait-on entrer dans le XXIè siècle, celui du numérique et des mutations du travail?" Plus de 70 ans après sa mise en place, les inégalités se sont creusées, le chômage de masse est là et la pauvreté touche près de 9 millions de personnes. Notre monde, aussi, a changé. L'espérance de vie a augmenté, la révolution numérique bouleverse le monde du travail, le coût de la santé a explosé... Si beaucoup s’accordent sur la nécessité d’une réforme, c’est l’ampleur de celle-ci qui divise. Et la question de "son efficacité" qui se pose, souligne Martin Richer.

 

"Pas de prestations sans relations"

Comment faire pour que la solidarité reste au cœur de notre organisation sociale? "On ne peut pas demander à l'État la solidarité, à nous la liberté: il faut recréer du sens, du lien entre les personnes." Le mouvement Le Pacte civique développe et défend l'idée de "société accompagnante". Il s'agit de vouloir lier "prestations et relations", de mettre de l'humain dans notre système de répartition et de cotisations, comme l'explique Jean-Baptiste de Foucauld.
 

ÉLECTIONS 2017 | Réformer l'Éducation nationale

Le temps de le dire

À l'approche des élections, Stéphanie Gallet vous propose une série d’émissions sur les grands thèmes qui concernent les Français. Aujourd'hui, l'éducation.

La situation de l'institution scolaire est sans doute LA préoccupation des familles. Ce mercredi 22 mars, le ministère de L’Éducation nationale a fait paraître des indicateurs évaluant, pour l’année 2016, les lycées de France. Au total, ce sont 4.500 établissements, publics et privés, qui sont évalués. Parmi les critères, la réussite des élèves au baccalauréat mais aussi leur parcours scolaire dans l'établissement. Des chiffres qui paraissent alors que notre système scolaire est régulièrement au plus bas des classements internationaux en ce qui concerne l'égalité des chances.
  

SPÉCIAL ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Dans Le Temps De Le Dire, Stéphanie Gallet vous propose une série d’émissions sur les grands thèmes qui concernent les Français. Aujourd'hui, après le thème du travail et de la lutte contre le chômage, et l'identité française, l'école.

 

Un enseignant sur quatre se dit prêt à rejoindre le secteur privé.

 

public / privé, parents et enseignants préoccupés

Des résultats affichés alors que le 5è baromètre annuel de l'Unsa-Education a publié ses chiffres. À l'approche des élections présidentielles l'enjeu est de taille. Sur les 31.000 "personnels de l'Éducation", seuls 41,2% estiment que leurs conditions de travail sont satisfaisantes.

Selon ce baromètre, un enseignant sur quatre se dit prêt à rejoindre le secteur privé. Le système scolaire français est régulièrement pointé du doigt pour son incapacité à donner les mêmes chances à tous. Du côté des parents, beaucoup font le choix de l'enseignement privé ou de cours particuliers.
 

 

L'impossible réforme

"La moindre réforme qui peut être lancée est ensuite un ping-pong entre les syndicats et le ministère, pour aboutir finalement à une non-réforme, la plupart du temps." En janvier 2017, Soazig Le Nevé a publié avec Bernard Toulemonde "Et si on tuait le mammouth?" (éd. de l'Aube). Un portrait sans concession de l'Education nationale. Où est mise en cause la responsabilité des syndicats quant à la difficulté de mettre en place des réformes. Marc Vannesson, du think tank "Vers le haut", convient d'un "dialogue bloqué, figé entre syndicats et enseignants". Et dénonce "un système qui étouffe les initiatives".

Impossible à réformer, l'Éducation nationale? Pour "Vers le haut", la période électorale est l'occasion de croire que c'est possible. Et demande la tenue d'"Etats généraux de l'Éducation". "Non pas pour une grande concertation, mais pour prendre des décisions et changer le mode de gouvernance." Avec l'idée qu'il faut "faire davantage confiance aux acteurs de terrain."
 

Toute la société concernée

L'école n'est pas seule dans sa mission éducative. Si les écarts continuent à s'accroître, "et c'est insupportable", note Philippe Meirieu, selon le spécialiste de l'éducation cela "pose une question de fond à toute la société française".
 

ÉLECTIONS 2017 | Va-t-on parler de la vocation sociale de la famille?

ÉLECTIONS 2017 | Va-t-on parler de la vocation sociale de la famille?

Quel candidat pour défendre la famille dans son rôle social? Pour la penser autrement qu'en termes de droits individuels? Jusqu'à présent, la campagne présidentielle l'a mise de côté.

Les familles sont-elles encore une préoccupation pour les candidats? La politique familiale a longtemps été une spécificité française: est-elle aujourd’hui à la hauteur des défis qui attendent les familles? Pour Mgr Jean-Luc Brunin, le président du conseil Famille et société de la Conférence des évêques de France, on parle beaucoup de la famille "en termes de droits individuels à défendre". Et pas assez de sa "vocation sociale".
 

Candidats, n'oubliez pas les familles!

"Parce que la famille est le premier lieu de l'apprentissage du civisme et de la solidatite, il faut absolument qu'on donne confiance à nos familles", explique Marie-Andrée Blanc. L'UNAF, qui représente officiellement les familles en France, a souhaité interpeller les candidats à l'élection présidentielle, avec le site internet Familles 2017 - Donner confiance aux familles.

 

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"On ne permet pas aux familles de vivre leur vocation sociale"

 

le rôle social de la famille sous-estimé

Lieu d'apprentissage de la solidarité, du lien intergénérationnel, la famille est aussi le premier lieu de l’économie et de la politique. "Les familles sont présentes partout, dans tous les domaines, santé, logement, éducation, transports..." note Marie-Andrée Blanc, de l'UNAF. Or, "on ne permet pas aux familles de vivre leur vocation sociale", dénonce Mgr Brunin.

La pensée sociale de l'Église la considère comme un "lieu de formation humaine et citoyenne", un temps "essentiel où on apprend à tisser des liens humains", rappelle Mgr Brunin. Or, dans la campagne présidentielle, si "certains thèmes sociétaux ont été agités, certains thèmes financiers également, admet Françoise Dekeuwer-Défossez, la réflexion sur ce qu'est la famille, quelles sont ses fonctions, par rapport à l'éducation des enfants, à leur socialisation... ça fait partie des choses qui ne sont pas du tout abordées."
 

"Quand l'enfant va mal dans sa famille, il va mal aussi à l'extérieur de sa famille"

 

l'inquiétude des familles de france

"82% des familles interrogées nous disent être très préoccupées ou extrêmement préoccupées par l'emploi." En janvier 2017, l'UNAF a publié les résultats d'un sondage réalisé par l’IFOP en janvier 2017 auprès de 790 parents d’enfant(s) de moins de 25 ans. Ce qui ressort de cette étude, c'est que "le premier poste de préoccupation est la sécurité de sa famille", explique Marie-Andrée Blanc - sécurité au sens large, qui comprend la stablilité économique, le logement, etc.

Séparation, chômage, maladie... On le sait, quand une épreuve touche l'un de ses membres c'est toute la famille qui en supporte les conséquences. "Quand l'enfant va mal dans sa famille, il va mal aussi à l'extérieur de sa famille", soutient Françoise Dekeuwer-Défossez. Il y a le chômage mais aussi les mésententes ou encore l'incapacité des parents à comprendre les besoins de leur enfant... Et chaque épreuve qui les fragilise est aussi un coup porté à l’équilibre social.

Se préoccuper des familles, c’est aussi prendre en compte leur diversité, c'est s’intéresser aux questions de bioéthique ou encore au statut du mariage. Autant de sujets des plus clivants aujourd'hui, et qui servent souvent de caution aux hommes politiques vis-à-vis de tel ou tel groupe. Mais ne sauraient être l’alpha et l’omega d’une politique familiale.

 

ÉLECTIONS 2017 | Des propositions face au chômage de masse

Le temps de le dire

À l'approche des élections, Stéphanie Gallet vous propose une série d’émissions sur les grands thèmes qui concernent les Français. Aujourd'hui, la lutte pour l'emploi.

Le chômage reste la principale préoccupation des Français: il concerne plus de 6 millions de personnes, toutes catégories confondues. Chacun dans sa famille ou parmi ses proches connaît quelqu’un privé d’emploi. Chacun peut constater combien cet état est difficile à vivre et destructeur, d’autant plus s’il dure. Il y a "un tel enjeu autour de l'empoi et du travail", comme le dit Jean-Marie Clément des EDC, que certains n'ont pas attendu les politiques pour faire des propositions et tenter des solutions. En janvier 2017,  ATD-Quart Monde a lancé l’expérimentation Territoires Zéro chômeur de longue durée. La méthode: ouvrir des entreprises à but d’emploi (EBE) dans plusieurs territoires de France.
 

SPÉCIAL ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Dans Le Temps De Le Dire, Stéphanie Gallet vous propose une série d’émissions sur les grands thèmes qui concernent les Français. Aujourd'hui, le travail et la lutte contre le chômage.

 

Au début de la campagne présidentielle on a beaucoup parlé travail - mutation du travail, fin du travail... On a parlé revenu universel, aussi. Mais y a-t-il eu dans tout cela la réponse qu'attendent ceux qui demandent à vivre de leur travail? Plus de 6 millions de personnes, donc, et pourtant "les chômeurs ne sont représentés nulle part", observe Vincent Godebout. Et si on leur donnait la parole?
 

 

Les politiques ont-il vraiment tout essayé?

Les associations qui accompagnent chômeurs et personnes en précarité sont sceptiques. Elles jugent les efforts et la créativité des politiques insuffisants. Certains mettent en cause la manière de s'y prendre ; pour d'autres il s'agit d'une question de fond. L'association SNC demande à tout le moins "une meilleure prise en considération des initiatives qui marchent".

L'INSEE a annoncé la création de 187.200 emplois en 2016 dans le secteur marchand en France. Un record absolu, nous dit-on, du jamais vu depuis 2007. Ces résultats sont certes positifs. Ils sont le fruit de dispositifs comme la Garantie jeune, le "Plan 500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs" ou le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), explique Céline Mouzon. Selon la journaliste de Alternatives Economiques, ces dispositifs - surtout le CICE - sont "extrêmement coûteux" et "pas très rentables".
 

SNC demande un Grenelle pour l'emploi et le travail

Le chômage, on est tous concernés. Ce pourquoi l'association Solidarités nouvelles face au chômage s'est fortement mobilisée à l'approche des élections. Elle demande que soit organisé un Grenelle pour l'emploi et le travail, afin de réunir les politiques, les administrations, les associations... et surtout les chômeurs. Une démarche de "proposition et de co-construction", explique Vincent Godebout.
 

 

ÉLECTIONS 2017 | L'identité française, riche et complexe

Le temps de le dire

Les Français sont les héritiers de cultures antinomiques et paradoxales. Or le thème de l'identité française ne cesse de revenir dans les débats politiques à l'approche des présidentielles.

Comment peut-on être français? Pour questionner l'identité française, on peut, à la façon d'un Montesquieu dans ses "Lettres persanes", renverser la question "Qu'est-ce qu'être français?" Tant la question a en effet été reprise et débattue. Si bien qu'aujourd'hui on ne sait plus bien de quoi on parle. Les attachements à la France sont multiples. Et les Français "sont des gens compliqués", estime Emmanuel de Waresquiel: "Ils sont les héritiers de cultures antinomiques et paradoxales".
 

SPÉCIAL ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Dans Le Temps De Le Dire, Stéphanie Gallet vous propose une série d’émissions sur les grands thèmes qui concernent les Français. Aujourd'hui, après le thème du travail et de la lutte contre le chômage, l'identité française.

 

retrouver le goût de la France

Identité nationale de Sarkozy, versus identité heureuse de Jupé. On se rappelle des débuts de la campagne où le thème de l’identité était très présent dans les débats de la droite. L'un et l'autre ne sont plus dans la course mais les interrogations subsistent. Marine Le Pen continue de présenter la France comme menacée dans son essence, mais elle n'est pas la seule.

Ce qui est sûr c’est que les Français n’ont pas le moral. Devant ce constat, les évêques de France ont publié en octobre 2016 "Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique". En cette période électorale, disent-ils, nous avons besoin d’hommes et de femmes politiques qui nous redonnent le sens du bien commun, qui travaillent à rassembler plus qu'à diviser. Et, partant, qui nous redonnent le goût de la France.

"La mémoire est forcément faite de déformations, plus ou moins politiques."

 

notre histoire commune et celle de chacun

Être français, est-ce partager une histoire commune? Ouis mais la mémoire se construit autant qu'elle se déconstruit. "Elle est forcément faite de déformations, plus ou moins politiques d'ailleurs." Emmanuel de Waresquiel est l'auteur de nombreux ouvrages sur les grandes figures de l'histoire de France, Talleyrand, Fouché... - le dernier en date "Juger la reine" (éd. Tallandier) sur le procès de Marie-Antoinette. Pour l'historien, l'identité est profondément liée à l'enfance, c'est-à-dire à l'histoire de chacun.

"Une sorte de volonté d'écarter le religieux de l'espace public."

 

notre laïcité

Être français, est-ce signifier son attachement à la laïcité? Oui mais qu'est-ce au juste que la laïcité, quand voit depuis quelques années "une sorte de volonté d'écarter le religieux de l'espace public", observe le P. Pierre de Charentenay, auteur de "La religion excommuniée" (éd. Chemins de dialogue). Un constat inquiétant "sur le long terme", précise-t-il, quant aux conditions de l'exercice de la liberté religieuse.

Et l'émergence de l’islam comme deuxième religion de notre pays en a déstabilisé plus d’un. Certes, "la situation des fidèles musulmans, selon Didier Leschi, n'a cessé de s'améliorer ces 30 dernières années." Mais le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui signe "Misère(s) de l'islam de France" (éd. Tallandier), observe aussi une situation "difficile" liée à "la non-existence d'une représentation du culte qui soit légitime à la fois pour la masse des fidèles et qui soit en capacité de rassurer la société française sur ce qui se passe à l'intérieur des mosquées".
 

ÉMISSION ENREGISTRÉE EN DUPLEX AVEC RCF BLOIS et RCF DIALOGUE à MARSEILLE

 

ÉLECTIONS 2017 | Les Français et leur "monarque républicain", tout un symbole

Grand Angle

Malgré la déception des Français à l'égard des politiques, leur intérêt pour la présidentielle reste important. Et l'élection d'un président au suffrage universel demeure un symbole fort.

Dimanche 23 avril 2017 - dans moins de 19 jours exactement - les Français se rendent aux urnes. La présidentielle, c'est "le scrutin majeur" observe Benoît Fidelin, dont le journal Pèlerin consacre un dossier de 30 pages à la question. Scrutin majeur, et pourtant, le taux d'abstention s'annonce élevé dans les sondages. Au-delà des partis et des programmes, quels sont les enjeux? Qu'attend-on des candidats? Comment se joue le jeu politique à travers la désignation du locataire de l'Elysée?
 

Malgré la colère à l'égard des politiques...

Cette "litanie des promesses non tenues", ces affaires politico-financières, ce "spectacle des conflits d'intérêts", l'absentéisme des politiques... Autant de "raisons de la colère" que pointe Roland Cayrol, dans son ouvrage éponyme (éd. Grasset). "Cela fait longtemps que les sondeurs, les politologues, les journalistes, n'arrêtent pas de nous expliquent que ça ne va pas entre les politiques et les citoyens."
 

"Dans les moments d'inquiétude les Français chargent le président d'une symbolique"

 

... les Français s'intéressent à la politique

Malgré la grogne à l'égard des politiques, 79% des Français se disent intéressés par la présidentielle (selon les derniers sondages). Un paradoxe que Stéphane Rozès explique par la symbolique "essentielle" de l'élection présidentielle: il parle de "rite central", un rite "laïc" autour duquel les Français trouve de quoi "s'assembler". "Dans les moments d'inquiétude comme celui que nous connaissons, les Français chargent le président d'une symbolique."
 

un suffrage universel plébiscité

C'est en 1962 que les Français ont décidé d'élire leur président au suffrage universel direct. Une exception française qui a fait que les Français sont devenus "un acteur très important du système politique à cette occasion-là", explique Roland Cayrol. Benoît Fidelin admet que les Français "tiennent à leur monarque républicain".

 

Émission en partenariat avec Pèlerin et Okapi

 

ÉLECTIONS 2017 | Quartiers sensibles, promesses non tenues

ÉLECTIONS 2017 | Quartiers sensibles, promesses non tenues

Quartiers difficiles, affaire sensible. Devant l'échec des politiques publiques et la déception des promesses non tenues, on peut s'étonner du silence des candidats sur la question.

La banlieue on n'en parle qu'à chaque fois qu'elle s'embrase. Avec l'arrestation de Théo le 2 février dernier, et l'affaire qui a suivi, on aurait pu croire que les candidats allaient se mobiliser sur la question des banlieues. Mais une fois les polémiques tues, le voile est retombé sur Aulnay-sous-Bois. Pourtant, là et ailleurs, la situation reste difficile dans des quartiers qui cumulent les handicaps. Ces zones de relégation où vivent des population pauvres, souvent issues de l'immigration, parfois hantées par un islam radical. Qui pense la banlieue à long terme dans notre pays? Logement, urbanisme, emploi, sécurité... par quoi faut-il commencer pour en finir avec la ghettoïsation?
 

 

 

La jeunesse des quartiers sensibles, c'est 4 millions de jeunes

 

l'échec des politiques publiques

La question est-elle trop complexe pour qu'on s'y attelle? En tout état de cause, "la situation a peu évolué", note Laurent Mucchielli. "Globalement c'est logique, vu le peu de place qu'a cette question dans le débat politique", epxlique le sociologue et rédacteur en chef du blog "Délinquance, justice et autres questions de société".

"Les politiques publiques mises en place n'ont pas véritablement réussi à sortir ces populations de ce sentiment d'enfermement dans des quartiers discriminés." En 2009, Le P. Jean-Marie Petitclerc publiait "Pour en finir avec les ghettos urbains" (éd. Salvator). En 2017 il se dit "étonné" que les politiques "en parlent si peu". La jeunesse des quartiers sensibles, c'est 4 millions de jeunes, rappelle-t-il. "Une part importante de la population française."
 

sortir des clichés

Mettre fin à la ghettoïsation des quartiers difficiles passe par un changement de regard. Pour fêter les 50 ans du diocèse de Saint-Denis, Michael Bunel, de l'agence CIRIC, a signé l'exposition de photos "CROIRE dans le 9.3", à l'automne 2016. Un reportage photo pour offrir un "Regard sur la foi en Seine-Saint-Denis". "Et montrer toute la ferveur, la solidarité, le vivre ensemble qui existe mais qu'on n'aperçoit pas."
 

Agir pour l'emploi

Du côté de ceux qui agissent, la Fondation Apprentis d'Auteuil, qui a lancé en mars 2017 le programme "Impact Jeunes". Inspiré d'une action mise en place dans une cité de Harlem, il associe l'État, des entreprises et des collectivités autour de l'insertion proffessionnelle. Et se décline à l'échelle du micro-local, pour apporter des solutions sur-mesure à chaque jeune.

 

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