Alexandre Soljenitsyne : ce qu'il nous apprend sur la crise de la démocratie

Présentée par PR-10437

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Les Racines du présent

vendredi 26 juillet 2019 à 19h30

Durée émission : 59 min

Alexandre Soljenitsyne : ce qu'il nous apprend sur la crise de la démocratie

© Wikimédia Commons - Soljenitsyne prenant le train à Vladivostok, été 1994

Soljenitsyne : clé pour comprendre la Russie, clé pour comprendre la crise de la démocratie

Ce mardi 11 décembre 2018, on célèbre les 100 ans de la naissance d'Alexandre Soljenitsyne (1918-2008). Entre autres événements consacré à l'écrivain russe, un colloque s'est tenu à l'Institut de France et à la Sorbonne sur le thème "Alexandre Soljenitsyne, un écrivain en lutte avec son siècle", du 19 au 21 novembre. C'est aussi le titre de l'exposition qui se tient du 20 novembre 2018 au 8 janvier 2019 à la Mairie du Ve arrondissement de Paris. À l'occasion de ce centenaire, enfin, les éditions Fayard publient "Révolution et mensonge", un recueil de trois textes de Soljenitsyne autour de la révolution, dont un inédit en France, "Deux révolutions terribles".
Qui donc était Alexandre Soljenitsyne ? Immense figure de la résistance au communisme, prix Nobel de littérature, il a sidéré le monde entier par la puissance de son écriture. À l'heure où l'on dit la démocratie en crise, que peut nous apprendre Soljenitsyne ?
 

Un contemporain ?

Mort il y a 10 ans, il reste l'"un des acteurs majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle", souligne Hervé Mariton. Mais plutpôt qu'un catéchisme, il "formule des interrogations utiles pour éclairer notre temps".

"Quand on regarde la crise dans laquelle la France est aujourd'hui, propose Hervé Mariton, on voit bien qu'il s'agit d'une crise du matérialisme... ceux qui expriment leur malheur aujourd'hui sont sans doute aussi dans un grand malheur d'esprit et que la disparition, en tout cas l'affaiblissement, de la spiritualité et particulièrement dans la société française comparée à d'autres sociétés européennes, est, je pense - et Soljenitsyne nous dit quelque chose de cela - une des causes de la crise de la démocratie, et de la crise d'une société occidentale comme la nôtre en France."
 

Un écrivain avant tout

Il était "avant tout un écrivain et un lutteur", précise Georges Nivat pour qui "il est très difficile de dire si Alexandre Soljenitsyne serait devenu un grand écrivain s'il n'avait eu à lutter lui-même". Né en 1918, Soljenitsyne a d'abord été un marxiste romantique. Mais la question du soupçon du mensonge s'est emparée de lui, il est rapidement devenu ce que l'on appelle "un douteur". Arrêté à deux reprises 1945 et 1974, il a longuemment vécu au goulag.

En 1970, il a reçu le prix Nobel de littérature. Déchu de sa nationalité en 1974 après la parution en Occident de "L'Archipel du Goulag", il a été expulsé de l'URSS. Émigré aux Etats-Unis, c'est là qu'il acheva l'écriture de son long cycle historique consacré à la révolution rouge, "La Roue rouge". Parmi ses œuvres les plus connues, citons "Une journée d'Ivan Denissovitch" (1962), "Le Pavillon des cancéreux" (1968), "L'Archipel du goulag" (1974).

 

Invités

  • François d'Alançon, journaliste, grand reporter au quotidien La Croix

  • Hervé Mariton, maire de Crest (Drôme), ancien député (UMP)

  • Georges Nivat, historien des idées, traducteur spécialiste du monde russe, spécialiste d'Alexandre Soljenitsyne

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L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?