Crise sanitaire, des leçons de l'histoire

Présentée par UA-124537

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Les Racines du présent

lundi 8 juin à 6h00

Durée émission : 25 min

Crise sanitaire, des leçons de l'histoire

© Martin Sanchez / Unsplash

"Nous sommes en guerre", a dit Emmanuel Macron au début de la crise sanitaire. Pour Jean-Noël Jeanneney, on peut trouver des similitudes entre cette crise et les deux guerres mondiales.

La crise sanitaire a vu l'irruption de l'imprévu dans nos vies tranquilles et paresseuses, elle a suscité tantôt notre désarroi, tantôt notre courage et notre héroïsme, elle a fait se propager les rumeurs et mis à mal la vérité. Et elle fait souffrir notre démocratie... Autant d'éléments que l'on retrouve dans le déroulé des deux conflits mondiaux du XXe siècle. Dans "Virus ennemi. Discours de crise, histoire de guerres" (éd. Gallimard), Jean-Noël Jeanneney souligne ces concordances qui stimulent la réflexion.
 

Crise sanitaire et métaphore guerrière

Lundi 16 mars dernier, Emmanuel Macron répétait à six reprises lors q'une allocution télévisée : "Nous sommes en guerre". Une formule qui a suscité "une surabondance" de commentaires et de réactions. "L’ennemi est là, invisible, insaisissable, et qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale", ajoutait le président de la République.

Pour Jean-Noël Jeanneney, on a vu par la suite de "théâtralité" se déployer autour de la métaphore guerrière, avec l'installation d'un hôpital de guerre à Mulhouse et "des médecins tombés au champ d'honneur", comme le dit l'historien.
 

soignants et soldats, La popularité de ceux qui sont au front

Il y a eu aussi la fameuse "ils ont des droits sur nous", au sujet du personnel soignant, qu'Emmanuel Macron a empruntée à Georges Clémenceau (1841-1929) dans sa déclaration du 20 novembre 1917 - soit en pleine Première Guerre mondiale. Le Père la Victoire, comme on l'a appelé, évoquait, lui, les soldats envoyés au front. 
 

le sacré de l'union et la place de l'église en question

Si, au début de la crise sanitaire, on a pu voir des moments de "vraie unité", qui rappellent l'union sacrée de 1914, on a vu aussi assez vite "ressurgir des différences". Pour l'historien, "chacun n'a pu qu'éprouver la formidable différence qu'il y avait suivant la manière dont était organisée la vie de chacun quant aux effets du confinement".

Jean-Noël Jeanneney montre également comment la dimension du sacré a présidé aux grandes difficultés que notre pays a pu traverser. La Grande Guerre a marqué une forme de réconciliation entre l'Église et l'État ; en 1940 "tout le gouvernement s'est précipité de façon d'ailleurs piteuse à Notre-Dame pour un Te Deum au moment de la débâcle". Il y a quelques mois, en revanche, des tensions qui ont présidé aux relations entre les catholiques et le gouvernement...

 

Émission enregistrée en duplex avec RCF Bordeaux

 

Invités

  • Jean-Noël Jeanneney, historien, professeur émérite des Universités à l’Institut d’études politiques, ancien prédisent de Radio France et RFI, producteur de l'émission "Concordance des temps" sur France Culture

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Du lundi au vendredi à 19h30

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?