D'où vient la Chine? Où va-t-elle?

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Les Racines du présent

vendredi 30 août à 19h30

Durée émission : 25 min

D'où vient la Chine? Où va-t-elle?

© Ling Tang / Unsplash - La cité interdite, Pékin

Au centre du monde depuis des millénaires, la Chine revient sur le devant de la scène. Quels sont ses fondamentaux ? Comment la comprendre ?

La Chine, c'est un milliard et trois cents millions d’habitants (1/6e de la population mondiale), quatre des cinq premières banques mondiales, un budget militaire approchant celui des États-Unis... Sans conteste, le pays s’inscrit pleinement parmi les puissances mondiales et constitue un acteur incontournable dans les relations internationales. Pays à la civilisation pluri-millénaire, à la culture traditionnelle forte et ancrée dans les générations se succédant, la Chine tente d’articuler tradition et modernité dans un schéma politique et diplomatique qui lui est propre. 
 

Une mémoire collective

Le poids de l’histoire, en Chine, ne peut être négligé. Pour Claude Martin, "les Chinois ont une mémoire collective développée". Héritage d’une civilisation ancienne, usage de l’écriture, philosophies, ont modelé la culture chinoise, qui tire une grande fierté des savoirs acquis au cours des siècles.

La révolution culturelle menée par Mao Zedong n’a pu effacer la culture fondatrice. "Certes, souligne Claude Martin, ses signes extérieurs ont pu être effacés durant quelques années, mais elle a continué à se transmettre." Les personnes lettrées ont été pourchassées, martyrisées. Pour autant, lors de la reconstitution des bases de la société chinoise à la fin des années 1970, les grandes religions et traditions de la Chine ont été remises à l’honneur. Aujourd’hui, elles sont célébrées et mises en exergue.
 

Un rapport ambigü avec l’Occident

Claude Martin fut ambassadeur de France en Chine, un pays qu’il connaît bien. Il explique que le regard que pose la Chine sur l’Occident est empreint d’une certaine ambivalence : "D’un côté, il est envié, comme ce fut surtout le cas à l’époque du rationnement. Cela a suscité une jalousie, des frustrations. D’un autre côté, la Chine admire l’Occident, espère profiter de sa prospérité."

Diplomatiquement, les rapports avec la Chine sont particuliers. Claude Martin souligne l’importance de ne jamais sanctionner publiquement le peuple chinois, sans tact : ce serait là l’assurance de ne pas être entendu. "Dans les relations avec les peuples d’Asie, la question de la face est importante… En tête-à-tête, c’est là que l’on peut vraiment parler."
 

Une brève histoire des dirigeants chinois

Si la Chine a derrière elle une longue tradition impériale, sur laquelle est revenu l’historien Bernard Brizay, les personnalités politiques récentes ont marqué le pays par les transformations apportées sur la société et l’économie. Mao Zedong, par exemple, demeure un personnage controversé. "Il fut adulé en Chine pendant la première partie de son exercice du pouvoir", rappelle Claude Martin. Le peuple n’avait alors pas encore conscience des dangers de la collectivisation forcée, des problèmes économiques que cela pouvait engendrer. Ensuite, les répressions, les nombreux morts, ont créé une forme de recul sur ces années. Cependant, "une fierté collective subsiste", notamment dans la relation de supériorité sur les pays voisins qu’avait instaurée Mao.

Deng Xiaoping est arrivé au pouvoir en 1978. Il avait étudié et travaillé en France, compris l’importance de l’industrialisation, et symbolise une période d’ouverture. Toutefois, la jeunesse de l’époque s’est trompée sur ses intentions. Deng Xiaoping n’avait nullement prévu d’ouvrir le pays à la démocratie, il était "un apparatchik du parti communiste qui a toujours pensé que la Chine avait besoin d’une colonne vertébrale solide". Cette incompréhension mena aux manifestations de Tian’anmen.

Qu’en est-il enfin de Xi Jinping, que l’on aurait tendance à percevoir comme dictateur du point de vue occidental (rappelons qu’il peut désormais rester en poste pour une durée indéterminée du fait d’une révision constitutionnelle)… ? Bernard Brizay estime que le président chinois a "bien compris que son pays était un colosse aux pieds d’argile. Si le parti communiste éclate, c’est le chaos".

 

Émission diffusée en mai 2018

 

Invités

  • Claude Martin, ancien ambassadeur de France en Chine

  • Bernard Brizay, journaliste, passionné par la Chine

  • Dorian Malovic, journaliste à La Croix, spécialiste de l'Asie

  • Pierre Grosser, historien

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Le lundi à 22h, le mercredi à 16h et le dimanche à 18h30

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?