De Gaulle, Michelet, Mauriac: que sont nos racines devenues?

Présentée par PR-23832

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Les Racines du présent

lundi 19 octobre à 16h00

Durée émission : 59 min

De Gaulle, Michelet, Mauriac: que sont nos racines devenues?

© Wikimédia Commons - François Mauriac en 1945

La France des années 70 n'était pas centrée sur son nombril, déclare avec nostalgie l'écrivain Xavier Patier. Et après Mauriac, de Gaulle ou Michelet, la voix des intellectuels comptait...

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Avec "Demain la France - Tombeaux de Mauriac, Michelet, de Gaulle" (éd. Cerf), l'écrivain Xavier Patier signe un essai intime, très personnel, mais peut-être aussi l'expression d'une génération, celle qui est devenue adulte au tournant des années 70. Son livre sert de fil rouge pour une émission aux confins de l'histoire, de la spiritualité, de la politique et de la littérature. Il résonne étrangement avec le chapitre d'Arnaud Teyssier, "De Gaulle révolutionnaire" (contribution à "De Gaulle - L'homme du siècle" dirigé par Jean-Paul Bled).

 

Mauriac, de Gaulle et Michelet

Tous trois sont morts en 1970. Mauriac, de Gaulle et Michelet ont été des piliers de notre histoire. Connu pour ses romans, pour certains jugés très noirs, François Mauriac est aussi célèbre pour son "Bloc-Notes", des articles publiés dans Le Figaro ou L'Express entre 1952 et 1970. Un rendez-vous hebdomadaire qui avait de nombreux lecteurs où l'écrivain ne cachait pas ses prises de position politiques. Édmond Michelet (1899-1970) fut un résistant de la première heure, depuis son fief de Brive en Corrèze, puis ministre du général de Gaulle à plusieurs reprises.

Pour Xavier Patier, ces trois figures "ont un point commun, selon Xavier Patier c'est la place de l'eucharistie et la certitude qu'il existe une vocation singulière de la France qui engage la Providence". Mauriac, de Gaulle et Michelet était tous trois des lecteurs de Péguy. L'écrivain Charles Péguy qui croyait à la "double vocation de la France : une vocation de liberté et de chrétienté".

 

Nostalgie pour les années 70

"Pour moi les années 70 c'est un monde englouti, alors comme tous les mondes engloutis, c'est une espèce de paradis perdu, je ne suis pas dupe non plus de ce genre de tentations nostalgiques." Xavier Patier explique ainsi sa nostalgie : "La France des années 70 n'avait pas de questions identitaires. Et donc son énergie était beaucoup plus tournée vers l'avenir, me semble-t-il - ce n'était pas le paradis du tout - mais c'était une énergie beaucoup plus tournée vers l'avenir que vers le nombril." 

 

Qui sont les intellectuels aujourd'hui ?

En convoquant la figure de Mauriac, Xavier Patier veut montrer ce qu'il analyse comme l'une des grandes différences entre notre époque et les années 70 : "Il y avait des grandes voix intellectuelles, aujourd'hui il n'y a pas de grandes voix, il y a un bavardage indifférencié". "Sartre, Mauriac, Aron qui prenaient la parole, on les entendait" et là où le "Bloc-Notes" de Mauriac était "un événement", aujourd'hui on n'a plus que des "polémiques".

 

Invités

  • Xavier Patier, écrivain

  • Arnaud Teyssier, haut fonctionnaire, historien

  • Jean-Claude Raspiengeas, journaliste à La Croix, critique littéraire, chroniqueur dans "Le Masque et la Plume" sur France Inter

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Le lundi à 16h, le jeudi à 21h et le dimanche à 13h

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?