[Dossier] 11 novembre 1918, il y a 100 ans la fin de la Grande Guerre

© Wikimédia Commons - Jour de l'Armistice, Paris. Aquarelle de Frank Boggs, 1918.

Il y a 100 ans, l'armistice du 11 novembre 1918 marquait la fin d'un conflit de quatre ans, trois mois et 14 jours. La Grande Guerre se solde par un bilan de plus de 38 millions de morts, blessés ou disparus. Pour les historiens la Première Guerre mondiale marque l'entrée de l'Europe dans le XXe siècle.

Programmation spéciale 11 novembre 1918 sur RCF

• Qui a vraiment gagné la Première Guerre mondiale ?
Émission Les Racines du Présent par Frédéric Mounier
​100 ans après la victoire du 11 novembre 1918, les derniers survivants se sont éteints avec eux une forme de mémoire familiale. Comment et pourquoi commémorer le 11 novembre aujourd'hui ?
INVITÉS : Xavier Delacroix, directeur de la maison d'édition Cent Mille Milliards, auteur de la revue Au Fait ; Jean-Yves Le Naour, historien, spécialiste de la Première Guerre mondiale et de l'histoire du XXe siècle ; Éric Alary, historien, écrivain, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de la vie quotidienne des Français au XXe siècle.
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• La fin de la Première Guerre mondiale
Émission La Suite de l'Histoire par Véronique Alzieu
L’armistice signé le 11 novembre 1918 met fin aux combats en Europe occidentale et entérine la victoire des alliés. Mais les conditions imposées laissent un goût amer au vaincu qui s’en souviendra.
INVITÉ : Nicolas Beaupré , Maître de conférences en Histoire contemporaine à l'université Blaise Pascale à Clermont-Ferrand, membre du Comité directeur du Centre international de l'Historial de la Grande Guerre à Péronne
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• 11 novembre 1918, les derniers jours de la guerre
Émission Trait d'Histoire par Éric Godaillier
Retour quelques jours avant la signature de l'armistice du 11 novembre 1918. L'Allemagne est en crise avec la mutinerie de ses marins.
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• Grande Guerre : une collecte nationale qui s'adresse aux familles
Émission La Bonne Idée par Vincent Belotti
Photos, dessins ou correspondance, autant de documents familiaux que vous pourrez apporter jusqu'à Dimanche à l'occasion de la grande Collecte nationale.
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• Clémentine Vidal-Naquet: "les Français ont un rapport très personnel à la Grande Guerre"
Émission Le Grand invité par Stéphanie Gallet
Stéphanie Gallet reçoit Clémentine Vidal-Naquet, historienne et spécialiste de l'intime et du couple pendant la Première Guerre Mondiale.
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Grande Guerre, qu'est devenu le wagon de l'armistice?

Grande Guerre, qu'est devenu le wagon de l'armistice?

Avant la guerre, ce beau wagon-restaurant emmenait les Parisiens à Deauville. Le wagon de Rethondes est une pièce d'histoire exceptionnelle qui résume l'histoire du siècle.

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COMMÉMORATION DU 11 NOVEMBRE 1918Il y a 100 ans, l'armistice du 11 novembre 1918 marquait la fin d'un conflit de quatre ans, trois mois et 14 jours. La Grande Guerre se solde par un bilan de plus de 38 millions de morts, blessés ou disparus. Pour les historiens la Première Guerre mondiale marque l'entrée de l'Europe dans le XXe siècle.
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On y a signé les armistices du 11 novembre 1918 et du 22 juin 1940. Qu'est devenu le wagon de Rethondes ? Dans "Ces lieux qui ont fait la France" (éd. Fayard, 2015) François-Guillaume Lorrain est parti à sa recherche. Il répond à Véronique Alzieu.
 

Où est passé le wagon de Rethondes ?

Au musée de l'Armistice 14-18, à Compiègne, se trouve un wagon installé en 1950. Il est "d'une autre série que le vrai wagon", dans lequel a été signé l'armistice. Mais dans une vitrine du musée, se trouve une rampe et une enseigne disant que c'est tout ce qui reste du vrai wagon. 

Qu'est-il donc devenu ? Contrairement à ce que l'on pourrait penser, Hitler n'a jamais demandé la destruction du wagon. La fin du conflit approchant, il l'a fait fait évacué en Thuringe, à Krawinkel, où il a été en partie brûlé. Récupéré par les soviétiques, il a été donné "en catimini" à une usine est-allemande de matériel ferroviaire d'aiguillage. "Le wagon va finir bête de somme pendant 30 ans jusqu'à ce qu'il soit jeté et détruit dans les années 70."
 

Pourquoi un wagon pour signer l'armistice ?

En 1918, les Alliés cherchent un lieu pour signer l'armistice. La population est tellement meurtrie que l'on craint des débordements. "On comprend vite qu'il faut se cacher pour signer l'armistice, explique François-Guillaume Lorrain, on arrive assez vite près de Compiègne." Car "'il fallait des rails" : le moyen le plus sûr de faire venir les Allemands en France reste le train. Et l'idée du wagon s'est imposée car il fallait les faire venir "à l'endroit même où l'armistice serait signé". Mais "les rares fois où les Allemands vont se montrer à la fenêtre du wagon, ils vont risquer le lynchange".

On choisit donc presque "par hasard" ce "beau wagon-restaurant que l'on transforme en bureau". En attendant le traité de Versailles signé le 28 juin 1919, l'armistice est reconduit tous les trois mois : à chaque fois le wagon va resservir. Puis "on le renvoie à la vie civile, il repart sur les rails de la gare Saint-Lazare". C'est Clémenceau qui est intervenu pour qu'il soit considéré véritablement comme un objet d'histoire.

 

©Wikimédia commons - Signature de l'armistice le 22 juin 1940

 

En 1940, le wagon symbolise la France battue

"Pour réécrire et effacer la défaite de 1918, Hitler demande que l'armistice de 40 soit signé exactement au même endroit, au mètre près, dans la clairière de Rethondes et dans le wagon en question." Après l'armistice du 22 juin 1940, Hitler fait emmener le wagon à Berlin pour le proposer à l'admiration des foules, "un voyage trimophal à travers l'Allemagne jusqu'à Berlin". 

 

L'année 1918 : la fin d'une guerre, les prémices d'une autre

L'année 1918 : la fin d'une guerre, les prémices d'une autre

L’année 1918 voit la fin d’une guerre interminable qui a miné l’Europe. Elle voit la fin d’un monde avec la disparition des empires et déjà, le terreau qui fera le lit d’une autre guerre.

Le 11 novembre 1918, partout en France les cloches sonnent la fin de la Première Guerre mondiale. Plus de 70 millions d'hommes mobilisés, environ 20 millions de morts ou disparus, civils ou militaires. L'année 1918 aura été décisive dans cette guerre.
 

Du côté des alliés, "on prévoyait un prolongement des combats jusqu'en 1919 au moins"

 

1918, Le combat semble interminable

Lundi 11 novembre 1918 à 5h15 un armistice est signé. À 11 heures, le cessez-le feu devient effectif. Dans l'esprit de tous, cette guerre semblait interminable. Dès 1917, en effet, une forte lassitude s'était exprimée mettant en péril l'effort de guerre et l'esprit d'unité nationale autour du gouvernement. Sur le front français, cette lassitude s'est manifestée au printemps 1917 notamment par des mutineries. Mais c'est en Italie, où "le consentement à la guerre était moins important qu'en France", explique Olivier Forlin, que ces mouvements de contestation ont été les plus manifestes. Refus individuels de combattre, mutilations volontaires, désertions... L'armée italienne est celle qui compte le plus grand nombre de fusillés pour l'exemple.

Mais à l'arrière aussi, on trouve que les sacrifices demandés sont trop importants. Dpeuis la fin de l'année 1916, on subit une forte inflation. Elle entraînera des mouvements de grève importants, par exemple en France et en Allemagne.

 



 

Pourquoi la guerre a-t-elle duré si longtemps ?

En 1914 pourtant, les soldats qui partent au front étaient à peu près convaincus qu'ils seront de retour pour Noël. Mais très vite le combat s'est enlisé. Les deux armées qui se font face ont toutes deux déployés des moyens importants. "Des armées si puissantes et si bien armées qu'aucune n'arrive à emporter la décision." Le phénomène d'enlisement doit se comprendre au sens propre comme au figuré : il concerne aussi bien les stratégies mises en œuvre que les soldats dans les tranchées.

 



 

Pourquoi s'est-elle achevée en 1918 ?

Quand commence l'année 1918, personne cependant n'imagine que la guerre s'achèvera bientôt. "Tout n'était pas écrit à l'avance." Et même, du côté franco-britannique et États-Unis, "on prévoyait un prolongement des combats jusqu'en 1919 au moins". On ne pensait pas non plus que l'issue du conflit marquerait une victoire des alliés. Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, demande à l'Allemagne de verser 132 milliards de marks or en réparation des dommages causés. Traité qui porte en lui les germes de la Seconde Guerre mondiale...

 

Grande Guerre: "les aumôniers étaient des petites lumières d’espérance" dans les tranchées

Grande Guerre: "les aumôniers étaient des petites lumières d’espérance" dans les tranchées

​Les commémorations du centenaire de l’armistice de la Grande Guerre se poursuivent jusqu’à dimanche.

A quoi ressemblait le poilu de la Grande Guerre ?

"Ce sont nos grands-parents. Mon grand-père était à Verdun comme beaucoup de sa génération. Un de ses frères est mort comme séminariste brancardier sur le front en 1916. Toutes nos familles sont marquées par cette réalité. C’est très impressionnant de voir comment ce centenaire est l’occasion de faire remonter depuis les familles, les communes, les collectivités, une réalité mémorielle tout à fait essentielle. C’est la France entière qui se souvient de cette tragédie absolue. Un tiers des 18-22 ans sont morts à cette guerre de 14" explique Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées.
 

Les aumôniers ont eu un rôle particulier durant la Grande Guerre…

"Oui. Le 8 novembre dernier nous avons eu à l’Arc de Triomphe nous avons eu une cérémonie de ravivage de la flamme en mémoire des prêtres, religieux et religieuses qui ont perdu la vie durant la Grande Guerre. Et c’est essentiel de réaliser ce rôle qu’ont eu les aumôniers militaires, d’humaniser la guerre dans une dimension de haine, d’hostilité. Ces aumôniers ont fait un travail considérable pour être présent, pour porter cette dimension spirituelle et d’humanité. Faire en sorte que ce qui était déjà tragique ne devienne pas totalement inhumain" ajoute-t-il.
 

C’est difficile de garder à l’esprit la présence de Dieu dans cette horreur ?

"Le général Eisenhower disait qu’il n’y a pas d’athées dans les tranchées. La mort vous entoure et vous ne pouvez pas ne pas vous poser les questions essentielles. Vous avez besoin d’être aidé, soutenu, sur ce registre. Vous avez aussi besoin d’une dimension d’espérance : au nom de quoi je donne ma vie. Il importe que le sens soit présent au cœur d’un déluge de feu, de boue et de sang. Les aumôniers ont ainsi été des petites lumières d’espérance" précise Mgr de Romanet.
 

Un pape a eu un rôle fondamental dans la guerre…

"Benoît XV a eu un rôle essentiel, et malheureusement trop méconnu. Il a été épouvantablement caricaturé aussi bien par les Allemands que par les Français. Ses appels à la paix n’ont pas été entendus. Si on avait écouté Benoît XV en 1917, on aurait gagné une année de guerre et on aurait évité ce dramatique traité de Versailles, qui en humiliant les Allemands, aura très largement conduit au conflit de 1939-1945" explique-t-il.
 

Qui sont les nouveaux poilus du XXIème siècle ?

"Le militaire est quelqu’un qui accepte d’engager sa vie au service des valeurs les plus nobles, de la dignité, de la liberté, au service de ce que notre pays lui demande. Et il est magnifique de voir que de génération en génération, des hommes et des femmes se lèvent pour défendre leur pays, ce qu’ils estiment essentiel. Près de 25.000 jeunes par an s’engagent dans nos armées" conclut l'évêque aux Armées.
 

Mgr Antoine de Romanet, évêque aux Armées, interrogé par Pauline de Torsiac:

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Une application mobile pour sortir les poilus de l'oubli

Une application mobile pour sortir les poilus de l'oubli

Repérer dans un cimetière le visage et la biographie de soldats oubliés, c'est ce que permet une application alimentée par l'association du "Souvenir Français".

Découvrir en direct le visage et l’histoire de poilus, en se promenant avec son portable dans un cimetière, c’est ce que permet l’application "Mémoires d’hommes". Il s'agit en fait une base de données numérisée par le ministère des Armées. Un fonds alimenté sur le terrain par "Le Souvenir Français". Depuis 1887, cette association veut conserver la mémoire des soldats français dans les différents conflits. Et l’une de ses missions consiste à entretenir la tombe de ceux qu’on a oubliés. 

Depuis ses débuts, 130.000 tombes ont été entretenues. Mais l’association a voulu aller plus loin avec cette application "Mémoire d’hommes". Téléchargeable gratuitement, elle vous permet d’abord de repérer le cimetière le plus proche du lieu où vous vous trouvez. 

Chaque tombe est ensuite identifiée sur le smartphone par une petite cocarde tricolore. En cliquant dessus, vous aurez donc un portrait écrit et sonore ainsi qu’une photo du défunt. Exemple au cimetière de Domène, en Isère. Il comprend une vingtaine de cocardes.

Autant de noms sortis de l’oubli grâce aux nouvelles technologies. Un vrai travail de fourmi. D’où l’appel à bénévoles recenseurs sur le terrain. Alors si vous voulez vous aussi devenir détective du passé, rendez-vous sur le site http://le-souvenir-francais.fr/.

 

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