Henri de Toulouse-Lautrec au-delà des affiches

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 16 novembre à 16h00

Durée émission : 55 min

Henri de Toulouse-Lautrec au-delà des affiches

© Wikimédia Commons - Portrait d'Henri de Toulouse-Lautrec par son ami photographe Paul Sescau vers 1880/1890

Toulouse-Lautrec est connu pour ses affiches de cabaret à Montmartre. Mais son œuvre prodigieuse est bien plus étendue et à l’origine d’un style nouveau au début du XX ème siècle.

Les affiches et les grands tableaux montmartrois d’Henri de Toulouse-Lautrec sont loin de résumer à eux-seuls l’œuvre de cet artiste, à qui Le Grand Palais consacre une superbe exposition. Voilà plus de 30 ans que Danièle Devynck, conservateure du musée Toulouse-Lautrec d'Albi, côtoie Henri de Toulouse-Lautrec et a pu approfondir sa connaissance d’un artiste, précurseur des mouvements d’avant-garde du XXème siècle.  Véronique Alzieu lui tend le micro.

De la chasse au dessin

Né en 1864 à Albi, enfant unique, il passe une enfance heureuse entre les demeures  familiales du Tarn et de l’Aveyron. Il devient très tôt parisien, en intégrant le collège Fontanes, devenu le lycée Condorcet.  Issu d’un mariage consanguin, ses deux-parents étant cousins germains, il connaît jeune des problèmes de santé – une faiblesse osseuse qui aggrave son retard de croissance- et se met à dessiner, initié par le peintre animalier René Princeteau. "Les chevaux qu’il ne peut plus monter, il va les dessiner", raconte Danièle Devinck.

Naturalisme

A l’atelier de Fernand Cormon,  il s’inscrit dans une période d’ébullition sur le plan artistique, en fréquentant Vincent Van Gogh  ou Emile Bernard. C’est une nouvelle façon d’approcher l’art, avec les scènes de la vie courante (naturalisme rural) et l’influence du japonisme. "Très clairement l’intérêt de Lautrec est fondé sur la figure humaine. Il ne cherche pas à embellir, ne fait pas des portraits mondains et fait sortir l’animalité", explique Danièle Devynck, reprenant les mots du peintre : "J’ai cherché à faire vrai et pas idéal". En ce sens, souligne-t-elle, il ouvre la voie à l’expressionnisme.

Des galeries de portraits 

"Les premiers portraits où vraiment il se libère de l’académisme, ce sont des portraits de femmes. Il va tourner autour de ces personnages, comme s’il voulait vraiment s’approprier la physionomie, fixer la ressemblance puis après s’en servir pour autre chose, pour illustrer par exemple ensuite des scènes naturalistes",  écrypte la conservateure. Toulouse-Lautrec parvient à révéler la singularité de chacun, y compris dans les murs d’une maison close. "On voit ces femmes dans les instants du quotidien, l’atmosphère pesante, l’ennui, voire la passivité, mais il n’y a pas d’allusion érotique. Ce n’est pas cela qui l’intéresse. Plusieurs tableaux témoignent d’une véritable tendresse pour ces femmes".

L’initiateur d’un certain nombre de mouvements

Interné en 1899 pour alcoolisme, à la demande de sa mère il retrouvera par la suite les thèmes du spectacle, du cirque et du cheval.  "Ce n’est pas le chroniqueur de la vie montmartroise,  mais bien un artiste au sens plein du terme,  qui est un véritable initiateur d’un certain nombre de mouvements (expressionnisme, travail des couleurs, fauvisme)", souligne Danièle Dewinck, qui met en avant également l’importance pour lui du support photographique.  Mort à 37 ans, il laisse derrière lui "une œuvre considérable qui parle encore à nos contemporains". A découvrir au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 27 janvier.  

Jusqu'au 27 janvier l'exposition Toulouse Lautrec résolument moderne se tient au Grand Palais

Invités

  • Danièle Devynck, conservateure du musée Toulouse Lautrec d'Albi

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L'émission

Le samedi à 14h

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!