L'histoire de l'Église en France

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Les Racines du présent

mercredi 14 août à 19h30

Durée émission : 55 min

L'histoire de l'Église en France

© Wikimédia Commons - Signature du Concordat entre la France et le Saint-Siège le 15 juillet 1801.

Qu'il s'agisse de tensions entre les deux pouvoirs - politique et ecclésial - ou d'oppositions entre le peuple et l'Église, l'histoire de l'Église en France n'a jamais été simple.

Qu'il s'agisse de tensions entre les deux pouvoirs - politique et ecclésial - ou d'oppositions entre le peuple et l'Église, l'histoire de l'Église en France n'a jamais été simple. C'est ce que montrent les invités de Frédéric Mounier.
 

LES ROIS DE FRANCE N'ONT PAS TOUJOURS OBÉI À ROME

Entre les Xe et le XVIIIe siècles, 16 rois ont "subit les foudres ecclésiastiques, l'interdit ou l'excommunication", explique François-Marin Fleutôt, auteur de "Les rois de France excommuniés - Aux origines de la laïcité" (éd. Cerf). Pour comprendre l'histoire de l'Église en France, il faut remonter à la décomposition de l'Empire romain, quand les héritiers des empereurs "reprennent en main l'idée que la chrétienté doit être défendue dans sa morale et dans son organisation politique", comme l'explique l'historien. Et celui qui permet cette réalisation c'est Clovis non pas tant par son baptême que par le concile de 511, où le roi des Francs est reconnu comme ayant l'autorité et le pouvoir de protéger et d'organiser l'Église sur son territoire. Ce que l'on appelera "les libertés de l'Église de France".
 

Le catholicisme, un instrument de pouvoir pour Napoléon

Après la rupture de la Révolution française, Napoléon Ier a fait de la restaurations des relations entre l'Église et l'État sa priorité. Dans son ouvrage "Napoléon et le sacré - Une vie spirituelle, une politique religieuse" (éd. Cerf), Marie Courtemanche étudie le rapport de l'empereur à la religion, dans une France fortement attachée malgré tout à la religion catholique. "Les enquêtes ont montré qu ele catholicisme était ancré chez les populations", ce que Napoléon avait bien perçu.

De façon plus pragmatique, Napoléon considère la religion comme un instrumentum regni, soit un instrument de pouvoir. Or, "le catholicisme se prête merveilleusement à ses vues", puisque "les pompes permettent d'en imposer au peuple".
 

La Bretagne, un laboratoire de l'avenir du christianisme en France

Une emprise massive de l'Église, un clergé en surnombre, "une civilisation paroissiale englobante"... Dans son livre "La foi de mes pères - Ce qui restera de la chrétienté bretonne" (éd. Cerf), Pierre-Yves Le Priol livre un récit personnel et richemment documenté de la chrétienté bretonne"Les sociologues parlent d'une civilisation paroissiale dans laquelle toute la vie sociale, communale, locale, est organisée autour de l'Église", raconte-t-il.

Les premiers signes de l'effacement de la chrétienté bretonne sont venus après la Grande Guerre, quand les soldats sont revenus chez eux après avoir été "confrontés au mal" et aussi après avoir côtoyé d'autres Français pas forcément catholiques. Un écart commence à se dessiner entre la pratique des hommes et celle des femmes : le "signe d'une déchristianisation en marche". Pierre-Yves Le Priol envisage la Bretagne comme un laboratoire de l'avenir du christianisme en France.
 

quand le scandale touche la figure du Prêtre 

"Mon livre n'est pas scandaleux, d'ailleurs ce n'est pas du tout son propos, même si je peux parler de situations extrêmement pénibles." Dans l'ouvrage "Des prêtres et des scandales" (éd. Cerf), Anne Philibert étudie les crimes et délits commis par des prêtres entre 1545 jusqu'à Vatican II. Elle dresse "une typologie" des différents scandales, qu'elle étudie en lien avec la façon dont on envisage la figure du prêtre : comme "homme du sacré", "homme qui est résident", "homme appelé à la sainteté"...

 

Émission diffusée en mars 2019

 

Invités

  • François-Marin Fleutôt, éditeur, historien, essayiste

  • Anne Philibert, historienne

  • Pierre-Yves Le Priol, journaliste, ancien secrétaire général de la rédaction de La Croix

  • Marie Courtemanche, historienne

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Le lundi à 22h, le mercredi à 16h et le dimanche à 18h30

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?