Le bon vieux temps, quel bon vieux temps?

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 5 janvier à 16h00

Durée émission : 55 min

Le bon vieux temps, quel bon vieux temps?

© Wikimédia Commons - L'arracheur de dents de Jan Steen (1651)

Le passé est-il toujours aussi idyllique qu’on l’imagine et notre époque si détestable qu’on le dit ? Non, si l’on se penche sur l’alimentation, l’hygiène, la violence ou la corruption…

Le culte du bon vieux temps. Qui n'a jamais dit "c'était mieux avant ?" Mortalité infantile massive, chasse aux sorcières, puanteur des villes ou hôpitaux de misère composaient le quotidien de nos ancêtres. Ce que rappelle Pierre-Antoine Delhommais, auteur avec Marion Cocquet de l'ouvrage "Au bon vieux temps" (éd. L'Observatoire).
 

Le paradoxe de Tocqueville : "plus un mal devient rare plus il est jugé insupportable"

 

On vivait mieux avant : "une énorme fake news !"

"Ces discours déclinistes qui disent qu'on vivait mieux avant sont une énorme fake news !" Pierre-Antoine Delhommais et Marion Cocquet ont voulu dénoncer "le culte du bon vieux temps". Le dénoncer parce que c'est selon eux "un vrai problème de société". Il est en effet "dangereux" car "à l'origine du pessismisme structurel des Français et de leur défiance vis-à-vis du présent".

 

Y a-t-il plus ou moins de violence ?

La paix, une nouveauté ! En 2018, plusieurs générations de Français n'ont jamais connu la guerre. "Les Français ont un peu la mémoire courte et ne se rendent pas tout à fait compte du bonheur et du changement énorme que cela constitue !"

La violence quotidienne elle aussi a fortement diminué. Un indicateur : le taux d'homicides. Aujourd'hui il est de 1 pour 100.000 habitants ; en 1900 il était de 2 pour 100.000 habitants ; en 1800 de 3 pour 100.000 habitants ; en 1500 de 40 pour 100.000 habitants. C'est même "un déclin spectaculaire", précise Pierre-Antoine Delhommais. Le quotidien de nos ancêtres était marqué par la peur des bagarres, pour les femmes par la peur d'être violées par des soldats en maraude. Et on l'oublie parce qu'on en a une vision parfois idyllique mais des loups enragés ou anthropophages faisaient des centaines de morts chaque année.

 

le paradoxe de Tocqueville

Si les chiffres sont à ce point flagrants, pourquoi cette impression partagée que la violence aujourd'hui explose ? Cela s'explique par le paradoxe de Tocqueville : "plus un mal devient rare plus il est jugé insupportable". Un paradoxe que le philosophe politique Alexis de Tocqueville (1805-1859) développe dans son ouvrage phare "De la démocratie en Amérique" (1830).

 

Invités

  • Pierre-Antoine Delhommais , journaliste économique, éditorialiste au Point, écrivain

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L'émission

Le samedi à 16h et le dimanche à 21h

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!