Le combat non-violent, un esprit de vie

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

mercredi 28 décembre 2016 à 10h00

Durée émission : 55 min

Le combat non-violent, un esprit de vie

© Wikimédia Commons / Marc Riboud, 1967

La non-violence est le thème, choisi par le pape François, de la 50è Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2017. L'occasion de revenir sur l'histoire du combat non-violent.

C'est avec l'action de Gandhi (1869-1948), que naît le terme de "non-violence". Le néologisme vient probablement d'un journaliste anglais, il a été popularisé en français grâce à Romain Rolland en 1923. Il sous-entend trop souvent l'idée de non-action, voire de passivité. Ce que nie Jacques Sémelin, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'histoire de la violence. Pour lui, la non-violence est un combat, une force collective de non-coopération. Jacques Sémelin est l'auteur en 2000 de "La non-violence expliquée à mes filles" (éd. Seuil).
 

"Un combat non-violent"

Or, pour Gandhi, c'est loin d'être le cas. Les deux termes qu'il utilisait en sanskrit pour parler de sa doctrine renvoient, d'une part au rejet de la violence pour ne pas nuire à autrui et d'autre part à l'idée de force collective.

Pour Jacques Sémelin, la formule de "combat non-violent" est, en ce sens, plus fidèle à la pensée de Gandhi. Il rappelle que l'une des premières définitions de la violence est "abus de la force" (en 1214).
 

les influences chrétiennes de Gandhi

On ne le cite pas souvent, observe l'historien, mais Gandhi a été inspiré par Léon Tolstoï (1828-1910). Le célèbre écrivain russe et le dirigeant indien ont entretenu une correspondance fournie, qui permet de penser que le christianisme a fortement influencé ce dernier.

D'ailleurs, avec Origène, l'un des premiers Pères de l'Eglise, mais aussi les franciscains, les Quakers ou les mennonites, il y a tout un courant chrétien, qui est très proche de l'esprit de Gandhi. "Ce serait une erreur de limiter la non-violence à une approche religieuse ou philosophique", précise Jacques Sémelin, car c'est dans l'esprit de Gandhi une forme de pragmatisme.

Une stratégie de non-coopération. "Il y a une manière d'établir un rapport de force collectif basé sur le traité de la coopération", explique l'historien. En ce sens Gandhi est un héritier d'Étienne de La Boétie, quand il évoque la coopération des opprimés:
 

« Je désirerais seulement qu’on me fît comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui, que de le contredire. » Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576.

 

Emission enregistrée en février 2016.

Invités

  • Jacques Sémelin , historien, politologue, directeur de recherches au CNRS et enseignant à Sciences Po

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Le samedi à 16h et le dimanche à 21h

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!