Le féminisme est-il une nouveauté dans notre histoire?

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Les Racines du présent

mercredi 1 août à 19h30

Durée émission : 55 min

Le féminisme est-il une nouveauté dans notre histoire?

© wikimédia commons - Louise Weiss (premier plan) et ses suffragettes

Trois historiens nous montrent que le féminisme est une lutte ancienne. Et que les femmes ont déployé des trésors d'ingéniosité et de créativité pour faire valoir leurs droits.

Hommage au génie féminin, qui a su trouver des façons d'exister dans des sociétés dominées par les hommes. À l'heure de la lutte contre le harcèlement sexuel, du combat jamais gagné pour l'égalité des droits, il est bon de se rappeler à quelles époques des femmes ont tenté d'exister, de faire entendre leur voix. Les trois historiens invités de Frédéric Mounier nous montrent non seulement que le féminisme n'est pas une lutte si nouvelle que ça, mais aussi que les femmes ont déployé des trésors d'ingéniosité et de créativité pour faire valoir leurs droits.
 

"Lorsqu'on est un homme on imagine mal tous les obstacles auxquels doivent s'affronter les femmes"

 

portraits de femmes, des histoires de combats

Avec "L'Europe des femmes" (éd. Perrin), dont la publication été coordonnée par Julie Le Gac et Fabrice Virgili, c'est une importante encyclopédie historique du féminisme européen qui a été publiée. Elle retrace trois siècles d'histoire des aspirations des femmes, et autant d'obstacles contre lesquels elles ont lutté.

Avec la biographie que Benedetta Craveri consacre à Madame du Deffand (1697-1780) et l'enquête que publie Gérard Bonal, "Des Américaines à Paris" (éd. Tallandier), c'est une véritable galerie de portraits qui se dessine. Au tournant des XIXè et XXè siècles c'est à Paris que certaines femmes américaines artistes pour la plupart venaient fuir une société puritaine : Mary Cassatt, Isadora Duncan, Gertrude Stein, Edith Wharton et bien d'autres. "Lorsqu'on est un homme on imagine mal tous les obstacles auxquels doivent s'affronter les femmes", observe Gérard Bonal, qui précise ce chiffre : 2%, c'est la part de citations des livres scolaires qui sont des citations de femmes.

 



 

Des combats singuliers au féminisme structuré

Et pourtant ce n'est qu'en 1945 que les femmes obtiennent le droit de vote en France ! Le 29 juin 1936, la philosophe féministe Louise Weiss prenait la parole sur les ondes. À la tête d'une équipe de suffragettes, elle avait occupé l'hippodrome de Longchamps pour demander le droit de vote : "Si nos suffragettes veulent avec une telle force, avec une telle passion, conquérir un nouveau statut civil et politique c'est pour améliorer le sort du peuple..."
 

 

C'est surtout à l'initiative des Britanniques que ce sont structurés, à la fin du XIXè et au début du XXè siècle, les mouvements féministes. Avec, durant la Première Guerre mondiale, une mise entre parenthèses de leur combat au profit de l'union sacrée. Après la victoire, la politique nataliste de l'État leur donne pour "premier rôle de redonner des enfants à la patrie française", comme l'explique Julie Le Gac.

 

Émission enregistrée en décembre 2017

 

Invités

  • Julie Le Gac , historienne, spécialiste des violences de guerre, des rapports de genre en guerre et de la psychiatrie de guerre

  • Gérard Bonal , écrivain, spécialiste de Colette et des milieux culturels du XXè siècle

  • Emmanuelle Lucas , journaliste au service Société du journal La Croix

  • Benedetta Craveri , historienne

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L'émission

Du lundi au vendredi à 19h30

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?